Meredith Whittaker, présidente de la messagerie chiffrée Signal et chercheuse en éthique de l'IA, ne mâche pas ses mots contre les géants de la technologie. Dans un entretien récent, elle a vivement critiqué la manière dont les entreprises comme Google, Microsoft, Facebook et Amazon présentent l'intelligence artificielle comme une quasi-divinité.
Une critique acerbe des prophètes de la tech
Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, l'IA générative est devenue le sujet central des discussions technologiques. Les dirigeants des grandes entreprises se sont mués en prophètes, annonçant une révolution imminente. Mais pour Whittaker, cette rhétorique n'est qu'un écran de fumée. "L'IA permet des choses extraordinaires, mais je ne vois aucun dieu là-dedans. En revanche, se présenter en prophète permet de concentrer le pouvoir", affirme-t-elle.
Une concentration du pouvoir inquiétante
Selon elle, cette mise en scène n'est pas innocente. Elle sert à justifier une concentration massive de ressources et de décisions entre les mains de quelques acteurs. "Ces entreprises utilisent l'IA comme un prétexte pour renforcer leur emprise sur nos vies numériques", explique-t-elle. Whittaker, qui a travaillé chez Google avant de fonder Signal, connaît bien les coulisses de ces géants.
Signal, un contre-modèle
Face à cette dérive, Signal se positionne comme une alternative éthique. La messagerie chiffrée refuse de collecter des données ou de monétiser l'attention des utilisateurs. "Nous prouvons qu'il est possible de faire de la technologie sans exploiter les gens", souligne-t-elle. Cependant, elle reconnaît que le modèle économique de Signal repose sur des dons et des subventions, ce qui limite sa capacité à concurrencer les géants.
L'IA n'est pas une fatalité
Whittaker appelle à une régulation plus stricte et à une prise de conscience collective. "L'IA n'est pas une force naturelle inévitable. Ce sont des décisions humaines qui la façonnent, et nous pouvons les orienter autrement", conclut-elle. Un message qui résonne alors que les débats sur l'éthique de l'IA s'intensifient.



