Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau visage a fait son apparition au commissariat d'Antibes. Lucile Reverbel, 25 ans, a pris ses fonctions de commissaire adjointe, succédant à François Carron. Originaire de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, elle incarne une nouvelle génération de cadres de la police nationale, avec un parcours externe et une solide formation académique.
Un parcours hors des sentiers battus
Lucile Reverbel n'a pas suivi la voie traditionnelle des gardiens de la paix ou des officiers. Elle a directement présenté le concours de commissaire après un Master 2 en droit pénal obtenu à Montpellier. « Je viens du Gard, plus précisément de Bagnols-sur-Cèze. J’ai un parcours externe. Plutôt que de gravir progressivement les échelons en passant par les grades de gardien puis d’officier, j’ai présenté directement le concours de commissaire », explique-t-elle.
Sa formation a également inclus une alternance au sein de la Direction interdépartementale de la Police nationale (DIPN) du Vaucluse et 22 mois à l’École nationale supérieure de police. Une préparation intensive qui lui a permis d'acquérir les compétences nécessaires pour ce poste exigeant.
Le déclic : des séries policières à la réalité du terrain
« Pour la petite anecdote, je n’ai personne de ma famille dans la police. C’est venu vers l’âge de 10 ans, quand j’ai enfin eu le droit de regarder des séries policières avec ma mère. J’ai un peu grandi avec l’idée que c’était un rêve irréalisable. Mais lors de mon stage d’observation de troisième dans un commissariat, j’ai découvert la réalité du métier », confie-t-elle. Ce stage a été un véritable tournant, lui permettant de confirmer son intérêt pour la profession.
Ce qui l'a attirée ? « Au tout début, c’était le volet opérationnel, l’action, l’enquête et la volonté d’être utile à la société. Au fur et à mesure, j’ai découvert le rôle des officiers et des commissaires, qui comporte une importante dimension de management et de partenariats. C’est ce rôle de "chef d’orchestre" qui m’a beaucoup plu : vous devez faire en sorte d’accorder des musiciens qui ne jouent pas tous la même partition. L’avantage d’un poste de chef ou d’adjointe en circonscription, c’est que l’on touche à toutes les matières. »
Premiers pas en plein été à Antibes
Arrivée en plein boom estival, Lucile Reverbel découvre une circonscription très sollicitée par les festivités. « C’est encore trop tôt pour le dire, mais il y a énormément de matière à travailler. J’arrive en plein boom estival dans un département très sollicité par les festivités, ce qui représente pas mal de choses à gérer », explique-t-elle. Interrogée sur le fait de débuter en été, elle répond avec pragmatisme : « Qui peut le plus, peut le moins ! Ma chance est d’être adjointe et de pouvoir m’appuyer sur un chef qui me guide, qui a les bons réflexes et l’habitude des spécificités locales depuis des années. C’est un appui considérable. »
Originaire du Gard, elle note des différences notables : « Je viens du Gard, un territoire qui n’est pas marin. Ici, je découvre une densité différente, avec un littoral très peuplé et une continuité urbaine où les villes sont collées les unes aux autres. » Elle doit désormais faire face à des problématiques inédites pour elle, comme la sécurisation des plages ou des feux d’artifice.
Une approche généraliste pour débuter
Pour l'instant, Lucile Reverbel privilégie une approche généraliste. « C’est trop tôt pour répondre de manière certaine. Le propre d’une circonscription, c’est de devoir toucher à tout. Toutes les matières sont vraiment intéressantes et méritent un investissement à part entière. Chaque domaine a des répercussions sur les autres. C’est cette polyvalence qui m’anime, et je pense qu’il est bon de rester généraliste pour mes débuts afin de prendre la mesure de l’ensemble. »
Interrogée sur ses ambitions, elle se montre mesurée : « Je ne suis pas sûre que j’aurais osé rêver d’un poste comme ça, il correspond en tout point à mes attentes. Ayant fait mes premières expériences dans le sud, j’espérais y rester. Ce poste d’adjointe est important pour commencer et prendre les bonnes marques. Ici, je m’intègre dans un fonctionnement qui est déjà très bien rodé. »
Persévérance et rigueur au service de l'institution
Sur le plan personnel, Lucile Reverbel se définit comme « quelqu’un de persévérant, d’investi et de consciencieux ». Un poste exigeant qui demande de la rigueur : « On s’investit pour sa ville, pour l’institution et pour ses effectifs. » Quant à son avenir, elle reste ouverte : « La particularité du corps des commissaires, c’est que nous sommes amenés à bouger. Nous devons rester au minimum deux ans sur notre premier poste. Ensuite, on peut y rester jusqu’à quatre ou cinq ans. C’est trop compliqué de vous répondre précisément car, pour l’instant, l’approche généraliste de mon poste me plaît totalement. »
À 25 ans, Lucile Reverbel incarne une nouvelle vague de commissaires, alliant jeunesse et détermination. Son parcours atypique et sa vision polyvalente pourraient bien marquer la circonscription d'Antibes dans les années à venir.



