Halles de Toulon : cinq ans après, le bilan des premiers commerçants
Halles de Toulon : le bilan des premiers commerçants

Cinq ans après leur réouverture, les halles de Toulon se sont imposées comme un lieu central de la ville. Seize stands y proposent plats et boissons, du poisson au fromage en passant par les coquillages et les tapas. Les Toulonnais y ont rapidement pris leurs habitudes, et plusieurs commerçants présents depuis le premier jour témoignent de cette aventure.

Des commerçants historiques satisfaits

Claire, du stand Casa Pincho, ne cache pas son enthousiasme. « On est vraiment très satisfait de nos cinq ans ici. Je pense qu'on a développé une offre particulièrement adaptée aux halles. Nous faisons des tapas, ça colle parfaitement à la convivialité que recherchent les clients en venant ici », raconte-t-elle. Le rythme est intense pour le couple, d'autant qu'un « bébé Pincho » est entré en scène. « J'ai accouché dix jours après l'ouverture. On a tout fait en même temps. Franchement, il ne faut pas compter ses heures. C'est un vrai choix de vie. » La récompense : des retours très positifs et une clientèle fidèle.

Franck, du stand A Casa Corsa, tient le même discours. « Nous avons de vrais habitués », souligne-t-il. Il nourrit aussi bien les actifs qui travaillent dans le quartier que les touristes. « L'engouement a pris vite. Ça a démarré très fort. Aujourd'hui, on est plus dans un rythme de croisière. » Il souligne également les retours « très positifs » de ses clients. « Cela fait plaisir. Ils viennent aux halles avec la banane, on sent qu'ils sont vraiment contents de l'ambiance générale. »

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Un pôle d'attractivité pour le quartier

Le commerçant va plus loin. « Ici, c'est devenu le cœur de Toulon en seulement cinq ans. On touche tout le monde. La clientèle est assez différente selon le moment de la journée ou même la saison. L'été, on marche mieux à midi par exemple alors que l'hiver, c'est plutôt le soir. »

« Les halles attirent aussi bien les Toulonnais que les touristes. Les croisiéristes, par exemple, viennent beaucoup », poursuit Claire. Avant d'ajouter : « Et c'est tout le quartier qui en bénéficie ».

Des difficultés persistantes

Le quotidien des commerçants n'est pas pour autant un long fleuve tranquille. Ils sont plusieurs à évoquer des difficultés par rapport aux charges réclamées par Biltoki, qui les ont poussés à porter l'affaire en justice. Même si, de l'avis général, l'arrivée d'un nouveau capitaine apaise la situation.

Anne-Sophie, de Molinari (qu'elle a reprise en 2023), regrette une baisse de fréquentation. « C'est particulièrement criant les mardis et mercredis et ça s'étend de plus en plus souvent aux jeudis, regrette-t-elle. Nous avons moins de monde, moins de consommateurs à se partager entre tous les stands. » Sa solution : faire plus d'animations ces soirs-là pour faire venir le chaland.

Un turnover important et des projets

Autre élément qui inquiète la restauratrice : le turnover important des stands. Ils sont relativement peu nombreux finalement à être présents aux halles depuis cinq ans. « Beaucoup tirent la langue financièrement. Certains ont dû jeter l'éponge. Évidemment qu'il faut se remettre en question. Mais si le client ne vient pas… »

Des enseignes fermées, il y en a plusieurs actuellement. Popol a baissé le rideau il y a plusieurs semaines, tout comme le Tahitien. Quant à la Traboule lyonnaise, elle n'aura tenu que quelques mois. Mais à ce sujet, le nouveau capitaine des halles a quelques bonnes nouvelles. « Un stand de plats asiatiques va ouvrir à sa place. Quant à Popol, il sera remplacé par la pizzeria Emana qui déménage pour plus grand », détaille Nicolas Boens.

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