Grasse : la place aux Aires, nouvel élan commercial et attractif
Grasse : la place aux Aires, nouvel élan commercial

La place aux Aires, au cœur du centre historique de Grasse, connaît une revitalisation commerciale marquée par l'arrivée de nouvelles enseignes, notamment portées par de jeunes femmes. Ce dynamisme est soutenu par des accompagnements financiers ciblés, dans la perspective de l'accélération du projet Martelly cet automne.

Un nouvel élan pour la place emblématique

Alors que le déménagement de Monoprix et le chantier de transformation du garage Rolland en parking se profilent pour cet automne, la place aux Aires semble bénéficier d'un nouvel élan. Carmen, 74 ans, et Nicole, 85 ans, constatent : « Il y a du changement. Des façades plus belles, de nouveaux restaurants et commerces… Avant c'était tristounet. Cela devient joli. On peut se balader tranquillement ».

Dans la cohérence du développement du projet Martelly (6000 m² de commerce, un hôtel, un cinéma, 70 logements), l'attractivité du centre historique, dont la place aux Aires est l'épicentre, est une priorité pour le maire Jérôme Viaud. Outre l'aide financière au ravalement d'une trentaine de façades, la revitalisation commerciale est un véritable enjeu.

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Des dispositifs d'accompagnement financier

La SEM foncière Grasse Dynamique (capitaux privés et de l'État) et la SPL Pays de Grasse Développement (émanation de la mairie et de la CAPG) ont pour mission d'attirer des porteurs de projet dans ce cœur de ville parfois boudé. « On rachète les locaux en amont, on finance une partie de la rénovation et les louons à des prix minorés, soit environ 9 euros le m². C'est moitié moins cher que le privé », explique Nicolas Tcherniatine, directeur de la SPL, qui a déjà permis à une quarantaine de commerces de bénéficier de ce dispositif.

Bérénice Haye, 35 ans, a ouvert le 14 juillet La laiterie Gilbert au n°30, inaugurée en présence du maire la semaine dernière. « L'activité a bien démarré avec des locaux et des touristes. Avec un panier à 19 euros, j'ai déjà atteint les objectifs de janvier », sourit l'Auribéloise, dont la crémerie a été rénovée grâce à la participation de 60 000 euros de la SPL. Elle valorise les produits locaux : bières Bacho du Pont-du-Loup, limonade de Mougins, chèvre de Peymeinade. « L'axe de développement, c'est attirer des clients autour de Grasse. Mais ils reviennent peu à peu car l'offre est plus importante », estime la jeune chef d'entreprise qui accorde 10 % de remise aux étudiants de Grasse et songe à instaurer un « drive fromage » sur la place.

Des ouvertures et des projets prometteurs

Au n°41, la Cagnoise Erika Maurel, 36 ans, mère de 4 enfants et bouchère diplômée, a rouvert le 18 juin l'historique Boucherie des Oliviers, fermée depuis plus d'un an. « Beaucoup d'anciens clients sont revenus, des personnes âgées viennent même en bus », sourit cette ex aide-soignante reconvertie, aidée par la SEM foncière qui a financé 50 000 euros pour la rénovation des 80 m² de son magasin.

Nathalie Monteau et Khalid Abdelouaed, duo du réputé Bistrot 34 à la Marigarde, s'apprêtent à ouvrir une brasserie au n°22, avec un coup de pouce de 100 000 euros de la SEM foncière et les aides d'Initiatives Terres d'Azur. Esprit loft, décor art déco sur 250 m², mais nom encore secret. « Des aléas techniques ont retardé les travaux mais on espère ouvrir en octobre. On est attaché à Grasse en pleine transformation. Je voulais vraiment être en centre-ville. Grasse devient joyeux ! La place aux Aires, on y croit à fond ! » se réjouit la restauratrice.

Élodie Malovec, jeune maman de trois enfants et commerçante, a déplacé son concept de salon de thé/fleuriste du n°4 au n°31, en lieu et place de la brocanteuse. « J'attendais qu'un local se libère. On habite le centre historique depuis trois ans, on y habite, on y travaille, on s'y plaît. Il n'y a pas d'insécurité. Tous ces nouveaux commerces donnent un nouvel élan. Il y a une synergie, un esprit village. Même si certains anciens n'y croient pas trop et freinent. »

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Une dynamique positive et des perspectives

Joël Delemer, 65 ans, restaurateur depuis 49 ans dont près de 20 ans sur la place, exploite aujourd'hui Le Savore. « Pour relancer le centre-ville, il faut des métiers de bouche. Il y a une bonne dynamique. L'ouverture de la brasserie ne me fait pas peur. Au contraire ! Être entourés de commerces ouverts, c'est le plus important. Pour créer un endroit vivant où les gens se retrouvent et se parlent. Comme sur ma terrasse chaque matin. »

Cette dynamique pourrait se poursuivre avec l'espoir d'un chocolatier pâtissier et d'un écailler, ou encore d'un marché plus conséquent le samedi. « On aurait besoin d'équipements de la personne, chaussures, vêtements », plaide Anne Wargnier, présidente de la Fédération Économique de Grasse, qui regroupe une quarantaine d'enseignes du centre-ville. La carte Shopping multi commerces, forte de 8000 porteurs, permet de cagnotter jusqu'à 4 % à chaque achat.

« Ce renouvellement est une bonne nouvelle, commente Yves, 58 ans, Grassois. Cette place aspire à vivre avec des commerces de qualité. Aux Grassois de tous les quartiers de redécouvrir leur ville et la place aux Aires ». La place a aussi la cote au plan immobilier : selon Thierry Cassarini, de l'agence Nabaca, « avec un m² entre 2200 et 2500 euros, rénovée et proche de tout, elle fait partie des sites les plus prisés par les investisseurs ».