Trois ressortissants étrangers ont été interpellés en Grèce dans le cadre d'une vaste enquête pour fraude à la TVA. Les autorités fiscales grecques (AADE) ont révélé que le réseau utilisait un système de fausses sociétés et de factures fictives, permettant de dissimuler près de 98 millions d'euros de transactions et causant un préjudice fiscal estimé à environ 18 millions d'euros. L'affaire a pris une tournure particulière lorsqu'il a été découvert que l'une des principales suspectes, qui se déclarait sans domicile fixe auprès du fisc, vivait en réalité dans une villa de 280 m² avec piscine dans la banlieue nord d'Athènes.
Un mécanisme de fraude au carrousel de TVA
Selon les enquêteurs, le réseau opérait selon le principe de la fraude au carrousel de TVA. Ce mécanisme implique la création de plusieurs entreprises qui sont rapidement remplacées par d'autres, souvent dirigées par les mêmes personnes ou leurs proches. Ces sociétés partageaient parfois les mêmes locaux et les mêmes numéros de téléphone, et servaient principalement à émettre ou recevoir de fausses factures. Les activités concernaient essentiellement le commerce de gros de vêtements, de chaussures et de produits similaires.
Parmi les structures identifiées, une boutique en ligne aurait réalisé 15 millions d'euros de transactions fictives présumées, tandis qu'une entreprise individuelle totalisait jusqu'à 28 millions d'euros d'opérations frauduleuses. Ces montants illustrent l'ampleur du système mis en place, qui visait à éluder l'impôt sur la valeur ajoutée en créant un cycle de facturations fictives entre sociétés.
La prétendue sans-abri et ses biens saisis
L'élément le plus frappant de l'enquête concerne une femme qui, dans sa déclaration fiscale, affirmait être sans domicile fixe. Les autorités l'ont pourtant retrouvée dans une villa de 280 m² avec piscine, située dans une banlieue huppée d'Athènes. Cette découverte a mis en lumière la volonté délibérée de dissimuler son train de vie pour échapper au fisc.
Les autorités grecques ont engagé des procédures pour geler les comptes bancaires et les avoirs des suspects. Plus de 32 000 produits contrefaits ont également été saisis lors des perquisitions. Ces articles, principalement des vêtements et des chaussures de marques de luxe, étaient destinés à être écoulés sur le marché grec et européen.
Enquête en cours et perspectives
L'enquête se poursuit afin d'identifier d'éventuels autres membres du réseau et d'évaluer l'ampleur exacte de la fraude. Les autorités fiscales grecques travaillent en collaboration avec Europol et d'autres agences internationales, car ce type de fraude dépasse souvent les frontières nationales. Les suspects, dont les identités n'ont pas été divulguées, ont été placés en détention provisoire dans l'attente de leur procès.
Cette affaire rappelle que la fraude à la TVA représente un manque à gagner considérable pour les États membres de l'Union européenne. Selon la Commission européenne, les pertes dues à la fraude à la TVA dans l'UE s'élèvent à plus de 50 milliards d'euros par an. Les mécanismes de carrousel, comme celui démantelé en Grèce, sont particulièrement complexes à détecter, mais les autorités intensifient leurs contrôles grâce à l'analyse de données et à la coopération transfrontalière.
Les trois personnes arrêtées encourent de lourdes peines, allant de plusieurs années d'emprisonnement à des amendes substantielles, en plus de la confiscation de leurs biens. Les 32 000 produits contrefaits saisis seront détruits après enquête, conformément à la législation grecque sur la contrefaçon.



