La réalisatrice Deva Trobisch signe avec Home Stories un documentaire sensible sur un pan méconnu de la nostalgie est-allemande : la radio. Diffusé en salles depuis le 26 juillet, ce film plonge dans l’univers sonore de la RDA et interroge ce que l’on nomme l’ostalgie — ce mélange de regret et de tendresse pour le quotidien disparu.
Une plongée dans les ondes est-allemandes
À travers des archives radiophoniques et des témoignages d’anciens auditeurs, Trobisch reconstitue l’atmosphère unique des programmes de la radio d’État est-allemande. Émissions pour enfants, bulletins d’information, musique pop sous contrôle : chaque émission rappelle un moment de vie. Le film ne se contente pas de diffuser des extraits : il les met en scène dans des intérieurs contemporains, créant un effet de miroir entre passé et présent.
L’ostalgie comme objet d’étude
Pour la cinéaste, la radio est un vecteur privilégié pour comprendre l’ostalgie. « La voix des animateurs, les jingles, tout cela fait partie d’une mémoire collective très puissante », explique-t-elle. Le documentaire donne la parole à des habitants de l’ex-RDA qui racontent comment ces sons les transportent dans leur jeunesse. L’un d’eux confie : « Quand j’entends le générique de “Sandmännchen”, j’ai 8 ans. »
Un travail d’archives minutieux
Deva Trobisch a fouillé les fonds de la radio publique allemande pour retrouver des centaines d’heures d’enregistrements. Le film en restitue une sélection représentative, des messages politiques aux émissions humoristiques. Cette matière sonore est accompagnée d’images d’époque, souvent amateurs, qui renforcent l’impression d’intimité.
Une résonance actuelle
Au-delà de la nostalgie, Home Stories interroge la place des médias dans la construction des identités. En RDA, la radio était un outil de propagande mais aussi un lien social. Aujourd’hui, alors que les médias se fragmentent, le film invite à réfléchir sur ce que nous écoutons et pourquoi. « Ce n’est pas un simple retour en arrière », insiste Trobisch. « C’est une tentative de comprendre comment le son fabrique de la communauté. »
Avec Home Stories, Deva Trobisch offre une œuvre discrète mais puissante, où l’intime rejoint l’histoire. Un documentaire à écouter autant qu’à voir.



