Les foires aux vins 2024 s'annoncent comme un rendez-vous incontournable pour l'ensemble de la filière viticole française, alors que la consommation de vin ne cesse de baisser depuis près de vingt ans. Selon L'Express, les hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l'e-commerce se disputent les consommateurs avec des stratégies différentes, au bénéfice de ces derniers qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports.
Une baisse structurelle de la consommation de vin
La consommation de vin des Français a chuté de 28 % en près de vingt ans, pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent progressivement : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie. Un véritable changement générationnel s'opère, avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l'œnologie.
Dans ce contexte, les foires aux vins de l'automne deviennent un moment clé pour toute la filière. L'Express propose un guide pour aider les consommateurs à s'y retrouver dans la jungle des étiquettes, une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts.
Louis Roederer acquiert le domaine Pierre Damoy
La famille Rouzaud, propriétaire de la maison Louis Roederer, vient d'acquérir le domaine Pierre Damoy, à Gevrey-Chambertin, qui rejoint ainsi les onze autres propriétés viticoles de Roederer Collection. Après avoir raté de peu l'achat du Clos de Tart en 2017, la dynastie champenoise met la main sur un vignoble mythique de la Côte de Nuits, comportant pas moins de huit hectares de grands crus, dont le célèbre Chambertin Clos de Bèze.
Cependant, pour se conformer aux dispositions de la loi Sempastous, qui lutte contre les concentrations de terres agricoles, Roederer devra renoncer à certaines vignes. La transaction, dont le prix n'a pas été dévoilé, devrait se situer autour de 300 millions d'euros.
L'Art aux Carmes : une cuve dédiée à Hélène Vac
En 2016, l'architecte Luc Arsène-Henry et le designer Philippe Starck dotaient la propriété de Patrice Pichet, le seul vignoble de l'appellation pessac-léognan planté dans la ville de Bordeaux, d'un chai spectaculaire, entre œuvre d'art et outil de pointe. Depuis, carte blanche est donnée chaque année à un artiste pour décorer une des cuves de béton de l'antre futuriste.
Pour cette dixième édition de L'Art aux Carmes, les pinceaux d'Hélène Vac donnent vie à la cuve n° 10, abritant le millésime 2024. Avec La Part du Ciel, la peintre explore le lien intime qui unit le ciel et la vigne, l'atmosphère et le paysage cultivé, livrant une belle allégorie de l'excellence du cru.
Des cépages perses en Dordogne
À Bergerac, Masrour Makaremi prépare une étonnante renaissance. Né à Chiraz, l'Iranien installé en Dordogne veut reconstituer un fragment du vignoble perse en s'appuyant sur une collection de cépages iraniens conservée depuis 1974 par l'INRAE. Il prévoit de multiplier puis de planter sur ses terres une trentaine de variétés, pour donner naissance à autant de microcuvées.
L'expérience sera aussi patrimoniale que scientifique. Ces cépages, issus de régions habituées à des températures pouvant atteindre 50 °C, pourraient aussi livrer des enseignements précieux face au changement climatique. Une première étape avant le rêve ultime de Makaremi : celui de voir un jour ces vignes retrouver leur terre d'origine. Son domaine Cyrhus, déjà planté de deux hectares de syrah, constitue le premier chapitre de cette histoire entre Perse et Périgord.



