La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mercredi le maintien de ses taux directeurs dans une fourchette de 5,25 % à 5,50 %, une décision largement attendue mais qui intervient dans un contexte de fortes pressions politiques. Donald Trump, candidat à la présidentielle, avait multiplié les appels publics à une baisse des taux pour soutenir la croissance et l'emploi avant le scrutin de novembre.
Une décision unanime mais sous tension
Le Comité de politique monétaire (FOMC) a voté à l'unanimité pour le statu quo, selon un communiqué publié à l'issue de sa réunion de deux jours. « L'activité économique continue de croître à un rythme solide, mais l'inflation reste élevée, justifiant une approche prudente », a déclaré le président de la Fed, Jerome Powell, lors d'une conférence de presse.
Cette décision intervient alors que Donald Trump, dans un discours la veille, avait qualifié la Fed de « principale menace pour l'économie américaine » et exigé une « baisse immédiate des taux pour éviter une récession ». Un responsable de la Maison-Blanche a confirmé que Trump avait eu un entretien téléphonique avec Powell la semaine précédente, bien que la Fed insiste sur son indépendance.
Des indicateurs économiques mitigés
Les données publiées récemment montrent une croissance du PIB de 2,3 % au deuxième trimestre, légèrement inférieure aux prévisions, tandis que l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) est restée stable à 3,1 % sur un an, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed. Le marché du travail, cependant, demeure tendu avec un taux de chômage à 3,8 % et 250 000 emplois créés en juin.
« Nous ne voulons pas prendre de décision basée sur des considérations politiques », a insisté Powell, ajoutant que « la trajectoire des taux dépendra des données à venir, pas des échéances électorales ». Selon une source proche de la Fed, plusieurs membres du FOMC craignent qu'une baisse prématurée ne relance l'inflation.
Réactions politiques et économiques
Donald Trump a immédiatement réagi sur son réseau Truth Social : « La Fed n'a aucun sens ! Elle étrangle notre économie. Nous avons besoin de taux bas pour gagner. » De son côté, la candidate démocrate Kamala Harris a soutenu la décision de la Fed : « L'indépendance de la banque centrale est cruciale pour notre stabilité économique. »
Les marchés financiers ont peu réagi, le S&P 500 terminant en légère hausse de 0,2 %. Les économistes restent divisés : certains estiment qu'une baisse en septembre est possible si l'inflation ralentit, d'autres jugent que la Fed maintiendra ses taux jusqu'à l'élection pour éviter toute accusation de partialité.



