Prison ferme requise pour deux supporters de l'OGC Nice jugés pour violences sur des joueurs
Prison ferme requise pour deux supporters de l'OGC Nice

Le parquet de Nice a requis mercredi des peines d'un à deux ans de prison ferme à l'encontre de deux supporters de l'OGC Nice, jugés pour des violences commises fin novembre 2025 contre les joueurs de leur propre équipe, Terem Moffi et Jérémie Boga. Les deux prévenus, âgés de 32 et 42 ans, sont des figures connues du groupe de la « Populaire Sud » et avaient été autorisés à monter dans le bus de l'équipe pour apaiser la situation après une défaite à Lorient (3-1).

Le déroulement des incidents

Le 30 novembre 2025, après la défaite, plus de 200 supporters mécontents avaient bloqué le bus des joueurs devant le centre d'entraînement du club, réclamant la démission du directeur sportif Florian Maurice et acclamant l'entraîneur Franck Haise. Anthony D., 32 ans, et Mohamed C., 42 ans, tous deux récidivistes et bien connus des services de sécurité du club, ont été autorisés à entrer dans le bus. Ils y ont assuré aux joueurs, avec véhémence et vulgarité, que les supporters souhaitaient seulement dialoguer et qu'il n'y aurait pas de violence.

Les dirigeants du club ont alors décidé de laisser les joueurs parcourir à pied la courte distance jusqu'aux grilles du centre, au milieu d'une foule de supporters virulents, dont beaucoup portaient des cagoules. Certains joueurs ont réussi à passer sans encombre, mais d'autres ont subi des crachats, des insultes et des bousculades violentes. Les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga ont été particulièrement visés et ont déposé plainte le lendemain.

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Les réquisitions du parquet

Le procureur Damien Martinelli a qualifié les faits de « guet-apens » et a estimé que les violences et humiliations étaient avérées, même si les deux joueurs ne présentaient pas de lésions physiques. Il a requis deux ans de prison dont un an ferme contre Mohamed C., et deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt contre Anthony D., ainsi que la révocation d'un an de sursis probatoire d'une précédente condamnation pour des violences liées au football. La plupart des 15 policiers présents ont déclaré n'avoir pas constaté de coups, mais le procureur a souligné que l'intervention des deux prévenus avait été déterminante pour convaincre les joueurs de descendre du bus.

La défense des prévenus

Les avocats des deux hommes ont plaidé que leurs clients n'avaient pas porté de coups et avaient au contraire tenté d'apaiser la situation. Me Mathurin Lauze, avocat d'Anthony D., a déclaré : « Si violence il y a, les véritables auteurs n'ont pas été identifiés. » Me Rudy Cohen, avocat de Mohamed C., a ajouté que condamner les deux hommes reviendrait à « tuer le dialogue » et à encourager les supporters violents à « venir cagoulés ». Le tribunal correctionnel de Nice a mis sa décision en délibéré au 11 septembre.

Impact et conséquences

Cet incident a profondément marqué le club et la ville de Nice. Les joueurs concernés, Terem Moffi et Jérémie Boga, ont exprimé leur traumatisme psychologique, même sans blessures physiques. Le préfet des Alpes-Maritimes avait alors condamné fermement toute forme de violence et appelé à une réprobation sans ambiguïté. L'affaire soulève des questions sur la sécurité des joueurs et la gestion des supporters dans le football professionnel.

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