Gênes : 12 ans de prison pour un ex-dirigeant d'autoroutes
Ex-dirigeant d'autoroutes condamné à 12 ans pour effondrement

Huit ans après le drame, la justice italienne a rendu son verdict. Ce mercredi 16 juillet 2026, un tribunal de Gênes a condamné un ancien dirigeant de la société d'autoroutes Autostrade per l'Italia à 12 ans de prison pour l'effondrement du viaduc Morandi survenu le 14 août 2018. Le drame avait causé la mort de 43 personnes et fait des dizaines de blessés.

Une condamnation historique

L'ex-dirigeant, dont le nom n'a pas été divulgué par la cour, a été reconnu coupable d'homicide involontaire et de négligence dans l'entretien de l'ouvrage. Selon le parquet, il aurait omis de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité du pont malgré des alertes récurrentes. Le tribunal a estimé que les carences dans la maintenance étaient directement liées à l'effondrement.

Cette condamnation est la plus lourde prononcée à ce jour dans le cadre de cette affaire. En 2022, cinq personnes avaient déjà été condamnées à des peines allant de 2 à 8 ans de prison, mais ces décisions avaient été contestées en appel.

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Les détails du procès

Le procès a duré près de trois ans, marqué par des expertises techniques approfondies. Les enquêteurs ont démontré que le pont présentait des signes de corrosion avancée et des fissures non traitées depuis plusieurs années. Un rapport d'expertise a conclu que l'effondrement était dû à une défaillance structurelle aggravée par un manque d'entretien.

L'accusé, qui dirigeait la branche maintenance d'Autostrade per l'Italia, a toujours nié les faits. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel. "Cette décision est injuste et ne repose sur aucune preuve tangible", a déclaré Me Giovanni Rossi, l'un de ses avocats, cité par l'agence ANSA.

Impact et réactions

Le verdict a été salué par les familles des victimes. "Enfin, justice est rendue. Cela ne ramènera pas nos proches, mais cela montre que la négligence a des conséquences", a déclaré Marco Piacenza, président de l'association des familles des victimes. Le drame avait profondément choqué l'Italie et relancé le débat sur la sécurité des infrastructures vieillissantes dans le pays.

Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia, a été l'objet de vives critiques. En 2020, le gouvernement italien avait retiré la concession de l'autoroute à la société, confiant la gestion à une entreprise publique. Le groupe a depuis été contraint de verser des indemnités aux familles, mais les procédures pénales se poursuivent contre d'autres cadres.

Un précédent pour la sécurité des ponts

L'affaire a eu un retentissement international, notamment en France où l'état des ponts suscite également des inquiétudes. Selon un rapport du Sénat français publié en 2023, près de 25 000 ponts routiers sont en mauvais état structurel en France. La condamnation italienne pourrait inciter les autorités à renforcer les contrôles et les investissements dans la maintenance.

En Italie, le gouvernement a annoncé un plan national de surveillance des infrastructures d'un montant de 5 milliards d'euros sur dix ans. Le nouveau pont, conçu par l'architecte Renzo Piano et inauguré en 2020, est désormais considéré comme un modèle de sécurité.

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