Enquête pour trafic d'influence visant l'ex-Premier ministre Zapatero
Enquête pour trafic d'influence visant Zapatero

L'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Zapatero est visé par une enquête pour trafic d'influence dans l'affaire du sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra, liée au Venezuela, pendant la pandémie de Covid-19, a annoncé mardi la justice espagnole.

Le tribunal de l'Audience nationale, spécialisé dans les affaires sensibles, a indiqué « convoquer » l'ex-chef du gouvernement le 2 juin prochain afin de l'entendre sur « le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra », renflouée grâce à un prêt de 53 millions d'euros d'argent public en mars 2021.

M. Zapatero, mis en cause pour des délits présumés de « trafic d'influence et autres infractions connexes », n'était alors plus chef de gouvernement. C'est la première fois qu'un ancien Premier ministre est officiellement poursuivi en Espagne.

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Une compagnie aux liaisons limitées

Plus Ultra, poids plume du ciel espagnol, ne desservait en 2021 que l'Équateur, le Pérou et le Venezuela, avec quatre Airbus A-340. La compagnie avait pourtant bénéficié de ce prêt d'urgence accordé par le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, grâce à un fonds spécial de dix milliards d'euros destiné au sauvetage d'entreprises « stratégiques » mises en difficulté par la pandémie de Covid-19.

Une société de conseil au cœur de l'enquête

Selon le quotidien El Pais, qui cite des sources proches de l'investigation, les enquêteurs s'intéressent à une société de conseil appartenant à un proche de M. Zapatero. Celle-ci aurait servi de relais financier pour verser des commissions occultes. Des perquisitions ont ciblé les bureaux de l'ancien chef du gouvernement, ainsi que les entreprises de ses filles.

Le sauvetage de Plus Ultra avait outré l'opposition de droite, qui avait souligné que l'entreprise était liée au Venezuela et que le ministre espagnol des Transports de l'époque, José Luis Abalos, aujourd'hui en prison et mis en examen pour corruption dans une autre affaire, avait rencontré à Madrid en janvier 2020 la N.2 du gouvernement vénézuélien Delcy Rodriguez, interdite d'entrée dans l'Union européenne à l'époque, et qui a depuis succédé à Nicolas Maduro.

Le siège de Plus Ultra est à Madrid, mais l'entreprise compte parmi ses principaux actionnaires des hommes d'affaires vénézuéliens, présentés par la droite comme proches du régime du président déchu Nicolas Maduro.

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