Le projet de nouvelle classe de cuirassés baptisés Donald Trump représenterait un investissement pouvant atteindre 275 milliards de dollars, selon une estimation publiée mercredi par le Bureau du budget du Congrès (CBO). Cette évaluation place ces bâtiments parmi les navires de guerre des États-Unis les plus coûteux jamais envisagés.
Un coût faramineux détaillé par le CBO
D'après le rapport de cette agence parlementaire indépendante, le premier cuirassé à propulsion nucléaire coûterait environ 23,4 milliards de dollars. Les quatorze suivants afficheraient un coût moyen de 18 milliards de dollars chacun. Au total, la facture pourrait donc s'élever à 275 milliards de dollars, un montant qui dépasse largement le budget annuel de nombreux pays.
À titre de comparaison, l'USS Gerald Ford, présenté comme le plus grand porte-avions du monde, avait coûté environ 13,3 milliards de dollars en 2008, soit plus de 20 milliards de dollars en valeur de 2026. Le projet Trump représenterait ainsi plus de dix fois le coût d'un porte-avions de la classe Ford.
Un arsenal embarqué sans précédent
Le président avait annoncé en décembre dernier son intention de lancer cette nouvelle classe de navires de guerre portant son nom, un hommage habituellement réservé aux dirigeants ayant quitté leurs fonctions. Selon le CBO, ces bâtiments seraient équipés de missiles antiaériens et mer-sol, d'armes hypersoniques, de missiles de croisière nucléaires, de lasers ainsi que d'un canon électromagnétique.
Leur taille serait sensiblement supérieure à celle des destroyers et croiseurs actuellement en service dans l'US Navy. Leur déplacement resterait toutefois légèrement inférieur à celui des cuirassés de la classe Iowa, retirés du service dans les années 1990.
Un projet pour contrer les avancées de Pékin
Ce projet intervient alors que Washington estime avoir pris du retard sur Pékin en nombre de navires militaires. Un rapport remis au Congrès l'an dernier faisait état des préoccupations exprimées par des responsables militaires américains et d'autres observateurs concernant le rythme de la construction navale chinoise.
Selon ce rapport, la Chine dispose déjà de la plus grande marine du monde en termes de nombre de navires, et elle continue d'augmenter sa capacité de production à un rythme bien supérieur à celui des États-Unis. Le projet de cuirassés Trump est donc perçu comme une réponse à cette menace, bien que son coût soulève des questions sur sa faisabilité budgétaire.



