Coupe du Monde 2026 : pouvoir et argent au cœur des enjeux
Coupe du Monde 2026 : pouvoir et argent en jeu

La Coupe du Monde de la FIFA 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est déjà au centre de vives controverses. Selon des documents internes consultés par Le Monde, l'événement est perçu comme une « machine à cash » qui renforce les inégalités et concentre le pouvoir entre les mains de quelques-uns.

Des budgets records et des critiques

Le budget total de la compétition est estimé à 2,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 40 % par rapport à la Coupe du Monde 2018 en Russie. Les recettes attendues dépassent les 5 milliards de dollars, principalement grâce aux droits télévisés et aux sponsors. Cependant, des voix s'élèvent pour dénoncer un « football à deux vitesses », où les pays hôtes et les grandes fédérations engrangent des profits tandis que les petites nations peinent à financer leur participation.

« La Coupe du Monde est devenue un symbole de la marchandisation du sport », estime Michel Platini, ancien président de l'UEFA, dans une interview accordée au journal. « Les valeurs du football sont sacrifiées sur l'autel de l'argent. »

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Une gouvernance contestée

La FIFA, sous la direction de Gianni Infantino, est accusée de manque de transparence dans l'attribution des droits et la gestion des fonds. Un rapport interne de 2025 révèle que 70 % des revenus de la Coupe du Monde 2026 sont destinés à des partenaires commerciaux, contre seulement 10 % pour le développement du football dans les pays émergents. Cette répartition est jugée « scandaleuse » par plusieurs ONG, dont Transparency International.

« La FIFA doit rendre des comptes », déclare Sylvie Robert, porte-parole de l'organisation. « L'argent du football doit bénéficier à tous, pas seulement à une élite. »

Des répercussions sociales et environnementales

Au-delà des aspects financiers, la Coupe du Monde 2026 soulève des questions sur son impact social et environnemental. Les trois pays hôtes ont investi massivement dans les infrastructures, au détriment parfois des populations locales. Au Mexique, des milliers de familles ont été déplacées pour la construction de stades, tandis qu'au Canada, des groupes environnementaux dénoncent l'empreinte carbone de l'événement.

« On parle de durabilité, mais les chiffres montrent le contraire », souligne un rapport de Greenpeace. « Les émissions de CO2 liées à la Coupe du Monde 2026 pourraient atteindre 3,5 millions de tonnes, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 700 000 voitures. »

Des alternatives émergent

Face à ces critiques, des mouvements prônent une réforme en profondeur du football mondial. Des associations comme « Football for Future » proposent un modèle alternatif, basé sur la redistribution des richesses et la transparence. Cependant, la FIFA semble peu encline à changer, arguant que la Coupe du Monde génère des bénéfices indispensables pour financer le football amateur.

« Le système actuel est verrouillé », conclut un expert en gouvernance sportive interrogé par Le Monde. « Tant que l'argent continuera de dicter les règles, les inégalités persisteront. »

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