L'armée libanaise a annoncé ce mercredi avoir déployé des troupes dans une zone pilote du sud du pays, une première étape vers le retrait des forces israéliennes conformément à l'accord de cessez-le-feu négocié sous l'égide de l'ONU. Cette initiative vise à restaurer la souveraineté de l'État libanais sur des territoires occupés par Israël depuis des décennies.
Un déploiement symbolique mais crucial
Selon un communiqué officiel de l'armée libanaise, des unités de l'infanterie et du génie ont pris position dans la zone pilote, située à proximité de la frontière israélienne. Cette zone, qui s'étend sur environ 5 kilomètres de long et 2 kilomètres de large, avait été désignée comme secteur test dans le cadre des négociations de paix. Le général Joseph Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise, a déclaré : "Ce déploiement est un pas important pour affirmer notre contrôle sur chaque parcelle de notre territoire. Nous travaillons en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) pour assurer une transition en douceur."
Les détails de l'accord de retrait
L'accord de cessez-le-feu, signé en mars dernier, prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban sur une période de six mois. La zone pilote constitue la première phase de ce plan, qui doit aboutir à un retrait complet d'ici septembre 2026. En échange, le Liban s'engage à désarmer les milices, y compris le Hezbollah, et à déployer ses forces le long de la frontière pour empêcher toute activité hostile. Des sources diplomatiques indiquent que 500 soldats libanais ont été déployés dans la zone pilote, avec un soutien logistique de la FINUL.
Réactions et implications régionales
Le gouvernement israélien a salué cette étape comme un "signe positif" mais a mis en garde contre tout retard dans le désarmement. Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré : "Nous surveillons de près la mise en œuvre de l'accord. Tout manquement de la part du Liban entraînera une réponse immédiate." De son côté, le Hezbollah, bien que n'ayant pas officiellement commenté, aurait accepté le déploiement de l'armée libanaise dans la zone pilote, selon des sources proches du parti. L'envoyé spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis, a qualifié cette avancée de "moment historique" et a appelé toutes les parties à respecter leurs engagements.
Défis à venir
Malgré ce succès initial, de nombreux défis subsistent. La zone pilote ne représente qu'une infime partie des 120 kilomètres de frontière contestée. De plus, le désarmement des milices, en particulier du Hezbollah, reste un sujet sensible. L'armée libanaise, affaiblie par des années de crise économique, devra également démontrer sa capacité à maintenir l'ordre et à empêcher les infiltrations. Selon des analystes, le déploiement réussi dans la zone pilote pourrait servir de modèle pour le reste du sud du Liban, mais nécessitera un soutien international accru.



