La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, va présenter sa démission d'ici le conseil des ministres de mercredi, a annoncé son entourage lundi 21 juillet 2026. Cette décision intervient après des désaccords persistants avec le Premier ministre sur la politique climatique du gouvernement.
Un départ annoncé dans un contexte de tensions
Selon une source proche de la ministre, Monique Barbut aurait exprimé à plusieurs reprises son mécontentement face à l'absence de mesures ambitieuses pour lutter contre le réchauffement climatique. Le Premier ministre, de son côté, aurait jugé certaines propositions de la ministre trop coûteuses pour les finances publiques. Ce conflit latent a conduit à une rupture définitive lors d'une réunion tenue dimanche soir à Matignon.
L'entourage de la ministre précise que sa démission sera effective dès mercredi, après le conseil des ministres. Monique Barbut devrait être remplacée par le secrétaire d'État à la Biodiversité, Jean-Marc Jancovici, connu pour ses positions écologistes radicales.
Une ministre en poste depuis 2024
Monique Barbut avait été nommée ministre de la Transition écologique en janvier 2024. Sous son mandat, elle a porté plusieurs réformes, notamment la loi sur l'accélération des énergies renouvelables et le plan de rénovation énergétique des bâtiments. Cependant, elle a souvent été critiquée par les associations environnementales pour ne pas avoir été assez loin dans ses engagements.
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, seulement 34% des Français jugeaient son action satisfaisante. Son départ pourrait fragiliser la majorité présidentielle, déjà affaiblie par des dissensions internes sur la politique écologique.
Réactions politiques
Les réactions ne se sont pas fait attendre. La porte-parole du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, Sandrine Rousseau, a salué une décision "responsable" mais a regretté que le gouvernement n'ait pas suivi les recommandations de la ministre. De son côté, le député Les Républicains, Laurent Wauquiez, a estimé que cette démission était "une bonne nouvelle pour les entreprises et les agriculteurs qui souffrent des normes écologiques trop contraignantes".
L'Élysée n'a pas encore commenté officiellement cette annonce. Le président de la République doit s'exprimer lors de son allocution prévue mercredi soir.
Conséquences pour la politique climatique
Ce départ intervient alors que la France doit présenter à l'automne sa nouvelle stratégie nationale bas-carbone (SNBC) à la Commission européenne. Selon des experts, le remplacement de Monique Barbut par un profil plus radical pourrait soit accélérer la transition, soit provoquer de nouvelles tensions au sein de la majorité.
Les ONG environnementales, comme Greenpeace France, ont appelé le gouvernement à maintenir le cap. "Nous espérons que le prochain ministre aura la volonté et les moyens de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour respecter nos engagements climatiques", a déclaré un porte-parole.



