Affaire de corruption au port de Saint-Tropez : dix suspects renvoyés en correctionnelle
Après près de deux ans d'enquête, le dossier de corruption qui secoue le port de Saint-Tropez connaît un nouveau rebondissement. Dix protagonistes, dont des maîtres de port, des employés et des intermédiaires, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour des faits de corruption passive, prise illégale d'intérêts, détournements de fonds et recels. L'affaire, révélée à l'été 2024, concerne un système de bakchichs pour obtenir des places d'amarrage dans le vieux port, notamment les trente emplacements les plus convoités pour les yachts de plus de 18 mètres.
Un système de réservation détourné
Les enquêteurs ont mis au jour un mécanisme de contournement de la liste d'attente officielle. Les suspects auraient négocié les places libérées en dernière minute contre des contreparties financières occultes. Le montant total des rétributions illégales est estimé à deux millions d'euros. Les saisies patrimoniales, réalisées dans le cadre de l'enquête, s'élèvent à plus de 850 000 euros, témoignant du train de vie dispendieux des mis en cause.
Des infractions graves
Les chefs d'accusation retenus sont la corruption passive par acceptation d'avantages par une personne chargée d'une mission de service public, la prise illégale d'intérêts, le détournement de fonds et le recel de ces infractions. Les dix personnes poursuivies seront jugées en novembre prochain devant le tribunal correctionnel de Draguignan. Cette affaire entache la réputation du port varois, lieu prisé des plaisanciers du monde entier.



