Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté le référé déposé par Cityz Média contre la société TaM (Transports de l'Agglomération de Montpellier), confirmant ainsi la régularité de l'attribution du marché publicitaire des bus et tramways montpelliérains à son concurrent Metrobus. L'ancien titulaire, qui exploitait ces espaces depuis 2010, devra en outre verser 2 000 € à TaM au titre des frais de justice. Cette décision, rendue publique par TaM le 24 juillet 2026, constitue un premier revers pour Cityz Média dans le litige l'opposant à l'autorité organisatrice des transports.
Une procédure contestée par l'ancien opérateur
Cityz Média estimait que la procédure d'attribution comportait des irrégularités. Son président, Didier Quillot, reprochait notamment à TaM de ne pas avoir organisé un second tour de négociation pourtant prévu dans le règlement de consultation. Il contestait également les critères d'évaluation ayant conduit au choix de Metrobus, alors que les deux candidats proposaient une redevance annuelle minimale garantie identique de 400 000 €. Selon lui, ces éléments jetaient un doute sur l'équité de la consultation.
De son côté, TaM a toujours défendu une procédure « ouverte, transparente et encadrée », arguant que l'offre de Metrobus présentait un meilleur avantage économique global pour la collectivité. Cette supériorité reposait sur des recettes garanties plus élevées et un partage de valeur plus favorable, justifiant le choix effectué par la commission d'appel d'offres.
La décision du tribunal et ses conséquences
Dans son ordonnance, le juge des référés a confirmé « la régularité de la procédure conduite » pour l'attribution de cette concession. Il a également condamné Cityz Média à régler 2 000 € à la société publique locale au titre des frais de justice. TaM a salué cette décision, estimant qu'elle « confirme que la procédure a été conduite dans le respect du droit applicable et des règles fixées pour l'ensemble des candidats ».
Ce rejet du référé ne met toutefois pas fin au bras de fer entre les deux parties. Cityz Média pourrait engager un recours au fond pour contester plus en détail les conditions d'attribution. En attendant, Metrobus conserve le marché publicitaire des bus et tramways de la Métropole de Montpellier, un contrat dont la durée et le montant précis n'ont pas été divulgués.
Des enjeux économiques importants
Le marché publicitaire des transports montpelliérains représente un enjeu financier significatif. Avec plus de 200 000 voyageurs par jour sur le réseau (bus, tramway), les espaces publicitaires offrent une visibilité de premier plan pour les annonceurs locaux et nationaux. La redevance annuelle minimale garantie de 400 000 € constitue un socle, mais les recettes supplémentaires issues de la vente d'espaces peuvent dépasser largement ce montant.
Cityz Média, filiale de la société Cityz, est un acteur majeur de la régie publicitaire dans les transports en France. Sa perte du marché montpelliérain pourrait l'inciter à revoir sa stratégie dans la région. Metrobus, quant à elle, renforce sa présence dans le sud de la France avec ce contrat.
Réactions et perspectives
Ni Didier Quillot ni les représentants de Cityz Média n'ont commenté la décision du tribunal dans l'immédiat. TaM, dans son communiqué, s'est félicitée de la validation judiciaire de sa procédure et a réaffirmé son engagement en faveur d'une gestion transparente des appels d'offres. La métropole de Montpellier suit de près ce dossier, car la publicité dans les transports contribue au financement du réseau.
Cette affaire illustre les tensions fréquentes dans l'attribution des concessions publicitaires, où des montants importants et des contrats de longue durée sont en jeu. La décision du tribunal administratif de Montpellier pourrait faire jurisprudence pour d'autres collectivités.



