80 caravanes de gens du voyage s'installent sur un terrain de rugby à Marseille avant la reprise
80 caravanes sur un terrain de rugby à Marseille

Dimanche 26 juillet, aux alentours de 18 heures, quatre-vingts caravanes de gens du voyage se sont installées sur les terrains du club Marseille Rugby Méditerranée, situé à Saint-Menet dans le 11e arrondissement de Marseille. Cette occupation illégale compromet la reprise de la saison sportive, programmée pour le 3 août prochain, et ravive les tensions autour du manque d'aires de grand passage dans la métropole.

Un club à bout de patience

Augustin Marie, président du Marseille Rugby Méditerranée depuis douze ans, se dit épuisé par ces installations récurrentes. "Ça doit faire six ou sept fois qu’on vit ça. On ne peut plus jouer pendant des mois. L’an dernier, ils sont venus deux fois, en juin et en juillet. Et moi j’ai dû mettre les quatre salariés du club au chômage pendant trois mois", a-t-il déclaré au quotidien La Provence. Il précise également que les vestiaires ont été "abîmés" lors de précédentes occupations et n'ont pu être rénovés "qu’en mars à cause de la lenteur administrative de la Ville".

Des difficultés récurrentes pour le club

Le club, qui compte 687 licenciés, subit régulièrement ces occupations. Cette fois, l'installation des cinquante familles intervient juste avant la reprise des entraînements, prévue pour le 3 août. "Cette année encore, on va devoir bricoler", se désole Augustin Marie. Il souligne également un geste de la Ville qui a eu "la bonne idée de faire tomber un mur pour permettre le passage d’un camion il y a un mois. Elle a placé des rochers devant qu’ils n’ont pas eu de mal à déplacer."

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La réponse de la Ville de Marseille

La municipalité, par le biais d'un communiqué, a indiqué qu'elle "saisira dans les meilleurs délais le juge des référés du tribunal administratif afin d’obtenir une ordonnance d’évacuation". Cette procédure judiciaire vise à obtenir une expulsion rapide des occupants illégaux, mais les délais administratifs pourraient retarder l'évacuation.

Les gens du voyage pointent le manque d'aires adaptées

Du côté des occupants, un représentant a justifié leur installation en expliquant avoir "prévenu la préfecture et la Métropole de (leur arrivée), mais personne ne nous a répondu". Il rappelle que "les intercommunalités de plus de 5 000 habitants doivent prévoir des aires de grand passage de plus de 4 hectares, c’est la loi. Mais il n’y en a pas, la Métropole ne prend pas ses responsabilités, alors on va sur des terrains communaux." Cette situation illustre le problème récurrent du manque d'infrastructures adaptées aux grands passages dans la métropole marseillaise.

Un problème métropolitain

La loi du 5 juillet 2000 impose aux communes de plus de 5 000 habitants de prévoir des aires d'accueil pour les gens du voyage, mais les aires de grand passage (pouvant accueillir plus de 50 caravanes) sont souvent insuffisantes. Cette carence pousse régulièrement les familles à s'installer sur des terrains publics ou privés, provoquant des tensions avec les riverains et les associations sportives.

En 2025, la métropole Aix-Marseille-Provence comptait seulement quelques aires de grand passage, bien en deçà des besoins estimés. Les associations de défense des gens du voyage dénoncent un manque de volonté politique, tandis que les clubs sportifs et les agriculteurs subissent les conséquences de cette absence d'infrastructures.

Un précédent à Mèze et Dassargues

Cette occupation à Marseille fait écho à d'autres situations similaires dans la région. À Mèze (Hérault), les viticulteurs se plaignent régulièrement de déjections dans leurs vignes après le passage de caravanes. À Dassargues (Gard), plus d'une centaine de caravanes se sont installées illégalement en juillet 2025. Ces incidents récurrents soulignent l'urgence d'une solution pérenne.

Pour le Marseille Rugby Méditerranée, la priorité reste de pouvoir reprendre les entraînements dans des conditions normales. En attendant l'évacuation, le club craint une nouvelle fois de devoir interrompre ses activités, avec des conséquences financières et sportives pour ses centaines de licenciés.

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