Brigitte Vidal, élue maire de Peymeinade le 15 mars 2026 sous l'étiquette Rassemblement national avec 52,85 % des suffrages au second tour, s'est confiée sur ses cent premiers jours à la tête de cette commune des Alpes-Maritimes. Dans un entretien à Nice-Matin, elle affiche sa détermination à « redresser une commune en difficulté » tout en restant populaire, malgré des décisions impopulaires.
Une priorité absolue à la sécurité
La nouvelle maire place la sécurité au cœur de son action. « La fusillade en pleine rue devant une pizzeria a conforté ce que je pensais : ça n'arrive pas que chez les autres », explique-t-elle. D'ici novembre, trois nouvelles caméras de vidéosurveillance seront installées pour 4 500 euros, en remplacement d'un parc obsolète. Deux policiers municipaux supplémentaires seront recrutés pour étendre les horaires de présence jusqu'à 22 heures, sept jours sur sept, ainsi que deux ASVP (agents de surveillance de la voie publique) pour des patrouilles pédestres en centre-ville.
Le couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans, instauré dès son arrivée, a déjà montré son efficacité : « Depuis l'arrêté, il n'y a eu aucune sanction, pour deux contrôles. Mais on ne voit plus de rassemblements de jeunes dans des secteurs isolés comme le square Cauvin ou la pinède Daudet, et les dégradations du mobilier urbain ont cessé. »
Une rigueur budgétaire assumée
La situation financière de la commune est tendue. « On a pris une commune où il manquait 350 000 € au budget investissements, qu'on a pu rééquilibrer avec des coupes franches partout », précise Brigitte Vidal. Elle confirme qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts locaux durant son mandat. Pour y parvenir, elle a commandité un audit sur les finances et les ressources humaines, car « la masse salariale représente 66 % du budget de fonctionnement, sur 10 millions d'euros ». Les conclusions sont attendues en octobre, mais déjà, elle évoque la nécessité de « dégraisser les effectifs » et de réexaminer tous les engagements.
Un crédit de 1,80 million d'euros contracté par l'ancienne municipalité pour une cantine annexe pèse sur les comptes. « Ma devise est de tout restructurer et remettre en ordre durant la première année, avant d'appliquer notre programme sur de bonnes bases, selon nos moyens », déclare-t-elle. Malgré les contraintes, un cimetière pour animaux sera réalisé d'ici sept mois pour 35 000 euros.
Une opposition au bétonnage
Interrogée sur la ZAC Lebon, Brigitte Vidal marque sa différence. « On prendra le projet comme initialement prévu, en limitant la casse. La police municipale sera transférée dans un local de 174 m² acheté. » Elle déplore la couleur de la façade déjà achetée (« un marron dég... ») et promet un référendum en septembre sur la suppression d'un ou deux bâtiments, « car il faut aussi des parkings ».
Elle critique la loi SRU qui impose la construction de 580 logements sociaux et a coûté 170 000 euros d'amende à la commune en 2025. « La ZAC Lebon, ce sont déjà 180 logements dont 120 sociaux, et il y a d'autres programmes. En 2027, nous réviserons le PLU pour revoir le bâti à la baisse. »
Une relation apaisée avec l'agglomération
Vice-présidente de l'agglomération du Pays de Grasse, Brigitte Vidal assure s'être réconciliée avec le président Jérôme Viaud, après un passif conflictuel. « On a eu un rendez-vous en tête à tête, et depuis ça se passe très bien. Je lui ai dit qu'il m'avait fait beaucoup de peine, mais j'ai contribué à le former lorsque j'étais au cabinet de Jean-Pierre Leleux. » Elle a reçu la délégation sur le handicap, un sujet qui lui tient à cœur car elle souhaite créer un Institut médico-éducatif (IME) intercommunal à Peymeinade.
L'inspiration familiale
Interrogée sur ses modèles, elle cite son grand-père, Georges Blachette, député d'Alger à l'Assemblée nationale de 1951 à 1955, lorsque l'Algérie était française. « C'était un homme humble, pour le peuple, qui agissait en faveur du vivre ensemble, toujours par la concorde. C'est toujours lui qui me guide quand je dois prendre de grandes décisions : je me dis toujours, qu'est-ce qu'il aurait fait, lui ? »



