Le CHU de Montpellier confirme son intention de racheter la propriété de la peintre Colette Richarme, décédée en 1991, située dans le quartier Hôpitaux Facultés. Le projet prévoit la destruction de l'atelier de l'artiste pour implanter un pôle d'hospitalisation de jour dédié à la santé mentale des adolescents. Anne Ferrer, directrice générale du CHU, détaille ce projet et les conditions de sa réalisation.
Un projet de soin sur la parcelle de 6 000 m²
La propriété Psalmodie, d'une superficie de 6 000 m², est à vendre. Elle appartient actuellement à l'Adages, un acteur social du territoire qui l'a reçue en donation mais ne peut plus financer le projet initialement prévu. Le CHU s'est positionné pour racheter la parcelle, qui jouxte les hôpitaux Lapeyronie et Arnaud-de-Villeneuve.
« C'est une opportunité rare que nous souhaitons saisir, avec la possibilité d'une continuité directe avec nos sites existants, confirme Anne Ferrer. L'accès actuel à la propriété est très restreint. Nous sommes peut-être les seuls à pouvoir conduire un chantier sur ce terrain en passant par l'emprise du CHU. »
Un pôle pour la santé mentale des adolescents
Le projet, déjà ficelé, vise à créer un pôle d'hospitalisation de jour pour adolescents souffrant de troubles du comportement alimentaire, de crises clastiques, de pertes de repères, de dépressions ou de psychotraumatismes. « Nous voyons arriver par le biais des urgences un nombre croissant de jeunes qui ont besoin d'une aide pédopsychiatrique », souligne Anne Ferrer.
Ce nouveau projet s'inscrirait dans un parcours de soins structuré depuis l'unité parent-bébé jusqu'à la transition vers l'âge adulte. La pinède et la centaine d'oliviers de la propriété seraient conservées, car « le sport santé, renouer avec la nature, la médiation par l'art… Tout cela a du sens dans notre projet qui sanctuarisera ce poumon vert », ajoute la directrice.
La destruction de l'atelier, seule option
En revanche, l'atelier de l'artiste sera détruit si le CHU devient propriétaire. « Si l'hôpital investit, c'est évidemment pour créer une activité de soin. L'état des bâtiments et les contraintes du PLU ne permettent pas leur conservation ou leur adaptation à l'accueil du public. La seule option sera de détruire et reconstruire sur la même emprise », explique Anne Ferrer.
La directrice affirme vouloir conserver l'empreinte de Colette Richarme, notamment en donnant son nom au futur pavillon, en exposant certaines de ses tableaux avec l'accord de l'association, ou en permettant à cette dernière de mener des actions sur place hors des horaires d'accueil des patients. « Nous sommes prêts à avancer avec eux sur la meilleure façon d'intégrer l'œuvre et la mémoire de Colette Richarme si nous menons à bien notre projet », assure-t-elle.
L'association Richarme lance une cagnotte pour sauver Psalmodie
Face à ce projet, l'association Richarme a lancé une cagnotte en ligne pour « sauver Psalmodie ». L'objectif est de récolter 10 000 € sur les 25 000 € espérés ce mardi, une première étape pour créer un fonds de dotation. L'association vise 1,3 million d'euros avant fin décembre pour acquérir le bien, puis devra financer la rénovation et la mise aux normes.
« Le projet ne vise pas à transformer Psalmodie en un musée figé, mais à prolonger l'esprit d'hospitalité et de création qui l'a toujours habité, précise Régine Monod, présidente de l'association et légataire de l'œuvre de Colette Richarme. Nous savons que la sauvegarde d'un tel site est un défi. Mais nous savons aussi que sa disparition serait irréversible. C'est pourquoi nous appelons à une mobilisation qui dépasse largement notre seule association. »