La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé ce mercredi l'organisation d'un premier sommet économique baptisé « Choose Outre-mer », prévu le 1er octobre à la Banque de France à Paris. L'objectif affiché est d'attirer les investissements et de relancer la création de richesses dans les territoires ultramarins.
Un sommet inspiré de Choose France
Dans un entretien accordé au magazine Challenges, la ministre a expliqué vouloir décliner pour les Outre-mer la formule de Choose France, le sommet voulu par Emmanuel Macron pour séduire les investisseurs étrangers. « La meilleure politique sociale […] reste la création de richesses », a-t-elle plaidé, estimant que l'économie a été « délaissée » dans ces territoires.
Le programme de ce sommet comprendra des rencontres entre entreprises, investisseurs et décideurs publics, la création d'un fonds à impact public-privé doté de « plusieurs dizaines de millions d'euros », ainsi qu'un « job dating » organisé avec France Travail et l'Apec, à Paris et dans « les cinq préfectures » des départements et régions d'outre-mer.
Les atouts des territoires mis en avant
La ministre entend promouvoir les atouts spécifiques de chaque territoire : l'or et le spatial guyanais, le nickel calédonien, ou encore la biodiversité polynésienne. Toutefois, elle ne promet pas de miracle, reconnaissant qu'un sommet ou un fonds ne réglera pas « à lui seul des difficultés accumulées depuis des décennies », alors que le chômage reste très élevé, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
À quelques mois de la fin du quinquennat, Naïma Moutchou affirme ne pas promettre « le grand soir » mais plutôt « une succession de petits matins », c'est-à-dire des mesures concrètes et progressives. Sa feuille de route comporte trois étapes principales.
Trois étapes pour la feuille de route
La première étape consiste à réduire les délais de paiement qui asphyxient la trésorerie des petites entreprises. La deuxième vise à faire examiner « à partir du mois de janvier » à l'Assemblée nationale le projet de loi contre la vie chère, alors que les prix, notamment alimentaires, dépassent nettement ceux de l'Hexagone. Enfin, la ministre prépare une loi d'orientation économique pour fixer un cap après 2027.
Naïma Moutchou revendique également la préservation de la LODEOM, une loi de 2009 qui allège les cotisations patronales des entreprises ultramarines pour compenser les surcoûts liés à l'éloignement et à l'étroitesse des marchés. Le Premier ministre a promis de maintenir ce dispositif dans le projet de budget 2027, assure-t-elle.



