Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre 2026 pour s'établir à 8,3 % de la population active, selon les chiffres publiés par l'Insee vendredi 7 août. Cette hausse, conforme aux attentes des économistes, marque une dégradation du marché du travail après une période de relative stabilité.
Une hausse qui touche particulièrement les jeunes
La hausse du chômage est particulièrement marquée chez les jeunes de 15 à 24 ans, dont le taux atteint 19,1 %, en progression de 0,8 point sur le trimestre. Pour les 25-49 ans, le taux s'établit à 7,4 % (+0,1 point), tandis que pour les 50 ans et plus, il reste stable à 5,8 %. Le chômage de longue durée (plus d'un an) concerne 2,1 millions de personnes, soit 42 % des demandeurs d'emploi.
L'Insee note également une baisse de l'emploi intérimaire et une moindre création d'emplois dans le secteur privé, ce qui explique en partie cette dégradation. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité) augmente de 0,5 % sur le trimestre, soit environ 15 000 personnes supplémentaires.
Une tendance qui pourrait se confirmer
Cette hausse intervient dans un contexte économique incertain, marqué par une croissance atone et des difficultés dans certains secteurs comme l'industrie et la construction. Selon les économistes, cette tendance pourrait se poursuivre dans les prochains mois, notamment en raison des effets des politiques de rigueur budgétaire et de la hausse des taux d'intérêt.
Le gouvernement, par la voix du ministère du Travail, a réagi en soulignant que "la situation reste contrastée" et que des mesures d'accompagnement sont mises en place pour les demandeurs d'emploi, notamment en matière de formation. Toutefois, les syndicats dénoncent une "dégradation inquiétante" et réclament des mesures d'urgence pour l'emploi.
Comparaison avec les trimestres précédents
Au premier trimestre 2026, le taux de chômage était de 8,1 %, et il était de 8,0 % au quatrième trimestre 2025. La hausse de 0,2 point est la plus forte enregistrée depuis le troisième trimestre 2024. Sur un an, le taux a augmenté de 0,4 point. Le nombre total de chômeurs au sens du BIT s'élève à 2,5 millions de personnes en France (hors Mayotte).
L'Insee précise que cette hausse est principalement due à une augmentation du nombre de personnes entrant au chômage, notamment des jeunes sortant du système scolaire sans emploi, et à une diminution des sorties vers l'emploi. Le taux d'emploi des 15-64 ans recule légèrement à 68,4 %.
Les disparités régionales
Les disparités régionales restent marquées. L'Île-de-France affiche un taux de chômage de 7,1 %, inférieur à la moyenne nationale, tandis que les Hauts-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dépassent les 9 %. En outre-mer, le chômage reste très élevé, notamment à La Réunion (17 %) et en Guadeloupe (19 %).
Les économistes estiment que cette hausse du chômage pourrait avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages et sur la consommation, déjà fragilisée par l'inflation. Certains prévoient un taux de chômage de 8,5 % d'ici la fin de l'année.



