La Métropole Nice Côte d'Azur a acté le principe d'une nouvelle concession de service public pour le port de Cap-d'Ail, dont le contrat actuel s'achève le 31 décembre 2027. Le futur exploitant devra investir 35 millions d'euros pour réhabiliter les lieux, selon une délibération adoptée ce lundi 22 juin.
Un port de 260 anneaux à la lisière de Monaco
Le port de Cap-d'Ail, situé à la frontière de la Principauté de Monaco, comprend 260 postes d'amarrage. Le contrat de concession de 50 ans, octroyé en 1977 par l'État à la société du port de Cap-d'Ail, prend fin le 31 décembre 2027. La nouvelle concession, d'une durée de trois décennies, débutera le 1er janvier 2028.
Le futur concessionnaire devra reprendre les contrats des 10 salariés et réaliser des travaux estimés à 35 millions d'euros. Parmi les prestations attendues : la modernisation de la station d'avitaillement, la construction d'un parking souterrain pour l'hôtel et le public, la construction d'un nouvel ensemble de convivialité, de réception et d'activité hôtelière, la réhabilitation de la capitainerie et d'un bâtiment d'activités, la création d'espaces végétalisés, le redimensionnement de certains ouvrages comme la contre-jetée, et l'entretien des ouvrages maritimes et de protection contre l'érosion.
Des candidats déjà sur les rangs
La Société d'exploitation des ports de Monaco (SEPM), qui gère déjà les ports Hercule, Fontvieille et Cala del Forte à Vintimille, a confirmé qu'elle candidatera à l'appel d'offres. Les concessionnaires actuels devraient également se porter candidats. « En tant que directeur actuel, mon rôle est de représenter nos actionnaires et de préparer le terrain », a déclaré Peter Murray-Kerr, directeur du port de Cap-d'Ail.
Une privatisation contestée
En conseil métropolitain, l'élu communiste d'opposition Julien Picot a dénoncé « une nouvelle privatisation d'un équipement public stratégique ». Selon lui, « le port de Cap-d'Ail est un bien commun qui ne doit pas finir entre les mains des capitalistes. C'est moins de transparence, plus de rentabilité et une perte de maîtrise publique ». Il a voté contre, suivi par Juliette Chesnel-Le Roux et Patrick Allemand. Picot a ajouté : « La Métropole affiche une dette abyssale. Où est la logique de se séparer d'un bien public qui peut être une manne financière très importante ? »
Un déficit en 2025
En 2025, le compte d'exploitation du port affichait un déficit de -270 681 euros. La Métropole a perçu 175 238 euros de redevance fixe cette même année. Une part variable sera introduite dans le futur contrat. Xavier Beck, maire de Cap-d'Ail et rapporteur de la délibération, a justifié la concession : « Si vous aviez lu le rapport, vous auriez vu qu'il y avait 35 millions d'euros de travaux nécessaires. C'est dans un souci de bonne gestion qu'il nous apparaît intéressant de confier ce port à une société qui en aura la gestion et les charges. »



