Canicule : une chaleur qui plombe l'économie française
Canicule : une chaleur qui plombe l'économie française

La canicule qui frappe la France depuis plusieurs jours n'a pas seulement des conséquences sur la santé et l'environnement : elle pèse lourdement sur l'économie. Selon une étude du cabinet Asterès, chaque journée de forte chaleur entraîne une perte de productivité estimée à 0,1 % du PIB, soit environ 2,5 milliards d'euros par jour. Sur l'ensemble de l'été 2023, les vagues de chaleur pourraient coûter jusqu'à 15 milliards d'euros à l'économie française.

Baisse de productivité et absentéisme

La chaleur excessive affecte directement les travailleurs, notamment ceux qui exercent en extérieur (BTP, agriculture, logistique) ou dans des locaux non climatisés. Une étude de l'INRS montre que la productivité chute de 20 % lorsque la température dépasse 30°C. Les secteurs les plus touchés sont le bâtiment, avec une baisse d'activité de 30 % lors des pics de chaleur, et l'agriculture, où les horaires sont décalés mais les rendements affectés.

L'absentéisme augmente également : selon la Dares, les arrêts de travail pour cause de chaleur ont bondi de 40 % lors de la canicule de 2022. Les entreprises doivent aussi faire face à des coûts supplémentaires liés à la climatisation et à l'adaptation des horaires.

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Surooût énergétique et tensions sur le réseau

La canicule entraîne une forte hausse de la consommation d'électricité due à l'utilisation massive de la climatisation. RTE estime que la demande pourrait augmenter de 5 à 7 GW lors des pics de chaleur, ce qui met sous tension le réseau électrique. Le coût supplémentaire pour les entreprises et les ménages est estimé à plusieurs centaines de millions d'euros par épisode caniculaire.

Par ailleurs, la production d'électricité nucléaire est parfois réduite en raison du réchauffement des cours d'eau utilisés pour le refroidissement, ce qui peut entraîner des importations d'électricité plus coûteuses.

Agriculture et tourisme en première ligne

L'agriculture subit des pertes directes : sécheresse, stress hydrique des cultures, baisse des rendements. Selon le ministère de l'Agriculture, la canicule de 2022 avait causé une perte de 30 % de la récolte de maïs et de 20 % pour les fruits. Les éleveurs doivent aussi gérer la baisse de production laitière et la mortalité animale.

Le tourisme, en revanche, peut bénéficier de la chaleur dans certaines régions, mais les épisodes extrêmes découragent les visiteurs et augmentent les risques d'incendies, comme en Gironde en 2022, où 20 000 hectares de forêt ont brûlé, avec un coût économique estimé à 200 millions d'euros.

Des solutions d'adaptation coûteuses

Pour faire face, les entreprises investissent dans la climatisation, l'isolation des bâtiments et l'adaptation des horaires de travail. Ces investissements représentent un coût à court terme mais sont nécessaires pour limiter les pertes futures. Selon le rapport de la mission d'information sur l'adaptation au changement climatique, le coût total de l'inaction pourrait atteindre 50 milliards d'euros par an d'ici 2050.

« Il est urgent d'adapter notre économie aux vagues de chaleur à répétition », déclare Sylvain Waserman, président de l'ADEME. « Chaque euro investi dans l'adaptation permet d'éviter plusieurs euros de pertes économiques. »

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