Ce jeudi 16 juillet 2026, la campagne annuelle de lutte contre la contrefaçon portée par l'Union des fabricants (Unifab) a été lancée en mairie de Cannes. Les autorités ont symboliquement détruit des produits contrefaits, tandis que les intervenants ont souligné l'ampleur du fléau : pertes économiques colossales, financement du crime organisé et développement d'ateliers clandestins locaux.
Des pertes économiques record
Selon l'Unifab, chaque année en France, la vente de contrefaçon entraîne un manque à gagner de 6,7 milliards d'euros pour les entreprises, assorti de 38 000 emplois détruits. « La perte fiscale liée à la contrefaçon est estimée à 2 milliards d'euros. C'est largement l'équivalent du budget du remboursement de notre dette », a ajouté Antoine Babu, conseiller municipal de Cannes.
Le directeur général de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), Pascal Faure, a indiqué que « l'an dernier, 1,6 million d'articles contrefaits ont été saisis entre les deux directions régionales de Marseille et de Nice. C'est plus de 100 % d'augmentation par rapport à l'année 2024 ».
Un enjeu de sécurité intérieure
Le député macroniste du Calvados, Christophe Blanchet, vice-président de l'Assemblée nationale et coprésident du Comité national anticontrefaçon (CNAC), a déclaré : « Si on est bien vice-champion du monde dans un domaine, c'est dans la contrefaçon. » Il a martelé : « C'est une industrie criminelle mondiale. Nous devons avoir le courage de le dire, la contrefaçon est un enjeu de sécurité intérieure. L'argent généré par ce trafic est de l'argent sale qui alimente des réseaux criminels. »
Pascal Faure a alerté sur une tendance inquiétante pour 2026 : le rapprochement des zones de production par rapport aux zones de consommation. « Au Marché du Soleil, à Marseille, 108 des 160 commerces vendaient de la contrefaçon. Pour contourner les contrôles, un certain nombre d'entre eux avaient compris qu'il valait mieux fabriquer sur place et apposer les fausses marques au dernier moment. C'est malheureusement la preuve que les ateliers clandestins se développent aussi dans nos régions. »
Un nouvel outil pour les consommateurs
Face à ce constat, l'Unifab a créé un site internet (contrefaçon.fr) en partenariat avec l'INPI. « Il est de notre devoir de continuer à décourager les acheteurs et de stopper les vendeurs de faux produits, a résumé Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l'Unifab. Cette année, on a voulu répondre à une question simple que les Français se posent souvent : comment reconnaître un vrai produit d'un faux ? »
Le site propose un quiz, des chiffres clés et une classification par catégories d'articles, listant les indices pour détecter une contrefaçon (lieu de vente, prix, odeur, etc.). « Notre meilleure arme, c'est d'informer les consommateurs. Nous serons présents sur tout le territoire, notamment sur les plages du sud, a-t-elle annoncé. Nous avons aussi une collaboration avec Google, TikTok et Snapchat qui va être importante pour capter les consommateurs jeunes. » La campagne comprend 500 emplacements publicitaires.
Un appel à la prise de conscience
« La répression ne suffira pas. Tant que la demande existe, l'offre suivra. Le lancement de cette campagne est un appel solennel à une prise de conscience collective, notamment auprès des consommateurs qui achètent parfois ces produits par simple naïveté », a insisté Christophe Blanchet. Selon l'Unifab, 34 % des consommateurs ont déjà acheté une contrefaçon en pensant que le produit était authentique. D'autres achètent en pleine conscience, attirés par le luxe à bas prix. « Quand on achète une paire de tennis qui vaut 100 euros à 5 euros, on est complices et il faut sanctionner », a conclu le député.



