Vendredi 10 juillet 2026, le conseil municipal d'Antibes a adopté son budget supplémentaire pour l'année en cours, un réajustement financier qui a suscité de vifs débats. Ce budget, qui ouvre un montant total de crédits de près de 210 millions d'euros après reprise d'un excédent de 19,8 millions d'euros, a été voté malgré sept voix contre de l'opposition.
Un réajustement budgétaire contesté
Serge Amar, adjoint aux Finances, a précisé que ce budget supplémentaire intègre les résultats financiers de l'année précédente et les dépenses non encore réalisées. Il comprend 3,6 millions d'euros pour couvrir des dépenses de fonctionnement plus élevées que prévu, notamment pour le prélèvement SRU (loi Solidarité et renouvellement urbain) et les fonds de péréquation des ressources communales. Côté recettes, les revenus du domaine public, du sport et des activités périscolaires ont été réévalués à la hausse.
Investissements supplémentaires de 8,6 millions d'euros
Les investissements, déjà votés à hauteur de près de 87 millions d'euros dans le budget primitif, bénéficient de 8,6 millions d'euros de nouveaux crédits. Ceux-ci s'ajoutent aux projets reportés, décomposés en 16,3 millions d'euros pour les grands travaux et 5,2 millions d'euros pour les investissements courants, complétés par des subventions institutionnelles et de l'autofinancement.
L'opposition critique l'absence d'inflexion
Hugo Muriel, du groupe L'alternance pour Antibes, a interpellé le maire : « Vous aviez expliqué aux Antibois que la ville retrouverait un rythme de croisière, une fois les grands équipements terminés, sans nouvelles dépenses. Où est l'inflexion promise ? »
Le maire Jean Leonetti a répondu que « l'engagement pris devant les Antibois est tenu », mettant en avant l'achèvement prévu en 2027 de trois grands chantiers : les plages de Juan-les-Pins, le stade nautique et le gymnase de tennis de table, qui représentent « le plus gros budget d'investissement jamais porté ». Il a ajouté : « Notre dette ne s'est pas aggravée et nous n'avons pas augmenté les impôts. À partir de 2028, notre stratégie évoluera pour se concentrer sur la rénovation de proximité : la vieille ville, les rues et les écoles. »
Logement social et priorités budgétaires en débat
Jérôme Bracq, du groupe de la Gauche solidaire, écologique et démocratique, a interrogé la majorité sur le prélèvement SRU de plus d'un million d'euros, demandant s'il pourrait être utilisé en subvention pour des projets de bailleurs sociaux. Le maire a répondu que les bailleurs sociaux sont déjà « largement subventionnés deux fois » via des terrains à bas prix, des garanties d'emprunt et des subventions directes.
Adrien Nouet, du groupe Réinventons Antibes, a suggéré d'utiliser l'excédent pour créer des infrastructures scolaires ou instaurer la gratuité des cantines. Jean Leonetti a rejeté cette idée : « Pourquoi ferais-je une cantine gratuite pour les riches ? Je préfère qu'un enfant soutenu par le CCAS paie un euro et qu'une famille aisée paie cinq euros. La justice, ce n'est pas l'équité. »
Budget adopté malgré l'opposition
Le budget supplémentaire a finalement été adopté avec sept voix contre des élus d'opposition. Le maire a souligné que les grands investissements n'ont coûté que 40 % du montant à la commune grâce aux subventions publiques.



