Le gouvernement britannique a annoncé la nationalisation de British Steel, le deuxième producteur d'acier du pays. Cette décision fait suite à l'échec des négociations avec le groupe chinois Jingye, qui avait racheté l'entreprise en 2020 pour 50 millions de livres. Jingye exige désormais une indemnisation de 2,5 milliards de livres, estimant que la nationalisation est injustifiée et viole les accords conclus.
Contexte de la nationalisation
British Steel, basé à Scunthorpe, emploie environ 4 000 personnes directement et soutient des milliers d'emplois indirects. L'entreprise était en difficulté financière en raison de la hausse des coûts de l'énergie, de la concurrence chinoise et de la baisse de la demande. Le gouvernement britannique a justifié la nationalisation par la nécessité de préserver la souveraineté industrielle et d'éviter des licenciements massifs. Selon le secrétaire d'État aux Affaires, Kwasi Kwarteng, « cette mesure garantit la pérennité de la production d'acier au Royaume-Uni et protège les emplois ».
Réaction de Jingye
Le groupe chinois Jingye a immédiatement contesté la décision. Dans un communiqué, il affirme que « la nationalisation est une expropriation déguisée » et qu'il « n'a pas été consulté de manière appropriée ». Jingye réclame une indemnisation de 2,5 milliards de livres, correspondant selon lui à la valeur de ses investissements et aux pertes futures. Le groupe menace de saisir les tribunaux internationaux si un accord n'est pas trouvé.
Impact économique et politique
Cette nationalisation intervient dans un contexte de tensions commerciales entre le Royaume-Uni et la Chine. Elle soulève des questions sur la protection des investissements étrangers. Des analystes estiment que cette décision pourrait dissuader d'autres investisseurs chinois. Par ailleurs, le gouvernement britannique prévoit de moderniser British Steel avec un plan d'investissement de 1,2 milliard de livres pour décarboner la production. Le syndicat Unite a salué la nationalisation, y voyant « un signal fort pour l'industrie britannique ».
Prochaines étapes
Les négociations entre le gouvernement et Jingye se poursuivent, mais les positions restent éloignées. Une médiation est envisagée. Le Parlement britannique doit également voter une loi pour entériner la nationalisation. Si aucun accord n'est trouvé, l'affaire pourrait être portée devant un tribunal d'arbitrage international.



