Dans une tribune publiée par Le Monde, l'économiste Cédric Durand appelle à exclure les firmes de capital-investissement des activités essentielles à la vie sociale, telles que la santé, l'éducation et le logement. Selon lui, ces secteurs ne devraient pas être soumis à la logique de maximisation du profit à court terme qui caractérise ces fonds.
Une menace pour les services publics
Durand souligne que le capital-investissement, en quête de rendements élevés, tend à dégrader la qualité des services essentiels. Il cite l'exemple des maisons de retraite et des hôpitaux privés, où les investissements sont souvent sacrifiés au profit de la rentabilité financière. "Il faut bouter les firmes de capital-investissement hors des activités essentielles à notre vie sociale", écrit-il, reprenant une proposition de l'économiste Gaël Giraud.
Des chiffres alarmants
L'économiste s'appuie sur des études montrant que les fonds de capital-investissement ont multiplié leurs investissements dans les services publics par cinq en dix ans, atteignant 1 200 milliards d'euros en 2023. Cette tendance, selon lui, menace l'accès équitable aux soins et à l'éducation.
Une régulation nécessaire
Pour Cédric Durand, la solution passe par une régulation stricte, voire une interdiction pure et simple de ces investissements dans les secteurs jugés stratégiques. Il propose de créer un statut d'"entreprise d'intérêt général" pour ces activités, qui les soustrairait aux pressions du capital-investissement. "Il est temps de reprendre le contrôle démocratique sur notre économie", conclut-il.



