Mercredi 24 juin, les élus d’Alès Agglomération se sont réunis dans la salle des assemblées du bâtiment Atome à Alès (Gard). L’ordre du jour comprenait des sujets habituels comme le compte financier unique 2025, des ajustements tarifaires, la prolongation de l’opération d’amélioration de l’habitat « centre ancien et faubourg d’Alès », le renouvellement des aides aux panneaux photovoltaïques et aux véhicules électriques, ainsi qu’un avis favorable sur la demande d’autorisation environnementale pour la réouverture de la ligne Alès-Bessèges. Mais le débat a rapidement été éclipsé par le dossier de l’aérodrome Alès-Cévennes.
Un équipement « structurant » menacé de fermeture
À l’unanimité, le conseil communautaire a adopté une délibération demandant la suspension de la procédure de fermeture et de déclassement engagée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard. Les élus considèrent que cette infrastructure, ouverte depuis 1975, est essentielle au bassin alésien. Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération, a rappelé l’historique du dossier : « On n’est pas des mendiants, on demande notre juste dû », a-t-il déclaré, dénonçant la « valorisation de 2,5 millions d’euros réclamée » pour des terrains que les communes de Deaux et Vézénobres avaient cédés à l’origine pour un franc symbolique.
Des interventions passionnées pour sanctuariser la piste
Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux et vice-président de l’agglomération, a insisté : « On peut discuter de tout, mais il faut sanctuariser la piste. Une piste qui ferme ne rouvre jamais. » Mickaël Théry, conseiller communautaire de Saint-Martin-de-Valgalgues, instructeur aéronautique et entrepreneur, a souligné l’importance de l’aérodrome pour la formation des pilotes, l’économie locale et la sécurité civile. Il a cité l’atterrissage d’urgence d’un appareil de l’armée de l’air sur le site quelques jours plus tôt : « Heureusement que l’aérodrome existait », a-t-il affirmé, estimant que sa disparition enclaverait davantage le territoire.
Passe d’arme politique et responsabilités
Le débat a donné lieu à un échange tendu entre Christophe Rivenq et Thibault Pellissier, son opposant à la mairie d’Alès. Pellissier a dénoncé l’inertie politique : « Notre bassin souffre déjà suffisamment de son enclavement pour que nous acceptions, par inertie ou incapacité politique, la disparition d’un équipement qui serait presque impossible à recréer demain. » Il a pointé la responsabilité de la présidente de Région et du maire de Deaux. Rivenq a répliqué : « Jeune homme, quand on ne connaît pas l’histoire, on n’en parle pas. […] La responsabilité exclusive de l’avenir de l’aérodrome Alès-Cévennes est du ressort du président, votre ami Rassemblement national, président de la chambre de commerce. »
Un vote unanime malgré les divergences
Malgré ces tensions, le vote a été unanime, sans opposition ni abstention. Ce signal fort vise la CCI du Gard, l’État et les collectivités partenaires, alors que l’échéance de 2027 se rapproche. Le compte à rebours est enclenché pour sauver cet équipement jugé indispensable.



