Le CHU de Nantes a lancé fin septembre une étude pilote nommée Passenger pour évaluer la faisabilité d'une psychothérapie assistée par la psilocybine, le principe actif de certains champignons hallucinogènes, chez 30 patients souffrant d'addiction aux jeux d'argent et de hasard. Ce projet intervient alors qu'aucun traitement médicamenteux recommandé ne cible spécifiquement cette pathologie.
Une étude pilote sur 30 patients
L'étude Passenger, menée par le CHU de Nantes, porte sur 30 patients souffrant d'addiction aux jeux. Les participants devront suivre un programme de dix séances sur une durée de trois mois. L'objectif est d'explorer l'hypothèse d'une « psychothérapie augmentée » par la psilocybine, une substance qui « fait déjà l'objet de travaux scientifiques dans plusieurs domaines, notamment la dépression résistance ou certaines addictions » à d'autres substances comme l'alcool et le tabac, selon l'établissement de santé.
Un contexte d'addiction massif en France
Selon un rapport de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 350 000 personnes jouent quotidiennement aux jeux d'argent et de hasard en France. En 2023, plus d'un million de personnes étaient considérées comme joueurs « à risque de pratique problématique ». Face à ce fléau, le CHU de Nantes précise que « si la psychothérapie constitue aujourd'hui le cœur de la prise en charge, les patients restent confrontés à un risque important de rechute ».
Une approche thérapeutique innovante
Le Docteur Benoît Schreck, psychiatre au CHU, explique : « L'objectif n'est pas de substituer une substance à la psychothérapie, mais d'étudier si la psilocybine peut créer, dans un cadre médical contrôlé, des conditions favorables au travail psychothérapeutique ». Cette approche vise à renforcer l'efficacité de la prise en charge psychologique existante, sans se substituer à elle.
Les résultats de cette étude pilote pourraient ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques pour les personnes souffrant d'addiction aux jeux, une pathologie pour laquelle les options de traitement restent limitées.