Alexandre Villaplane : du brassard de capitaine des Bleus à officier SS
Villaplane : de capitaine des Bleus à officier SS

Premier capitaine d’une équipe de France en Coupe du monde, en 1930, Alexandre Villaplane a sombré pendant la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à devenir officier SS avant d’être exécuté à la Libération. « À 10 h 35, la dernière salve retentissait. Justice était faite. » Par ces mots, le quotidien l’Aube relatait le 28 décembre 1944 la fin d’Alexandre Villaplane, destin rocambolesque et funeste du premier capitaine de l’équipe de France en Coupe du monde devenu collabo.

Des pelouses de Montevideo au peloton d’exécution

La vie de Villaplane, né à Alger, a été largement documentée ces dernières années, notamment par un podcast de Midi Libre. Tous racontent la trajectoire d’un footballeur talentueux détruit par l’appât du gain, « l’opportunisme et l’absence totale de réflexion », expliquait à Midi Libre Luc Briand, auteur du Brassard, paru en 2022.

Sète, Nîmes, Vergèze et les Bleus

Avant de sombrer dans le nazisme, Villaplane a évolué au sein de plusieurs clubs de la région où il avait suivi sa mère, originaire de Poussan, à la fin du premier conflit mondial. Il aura notamment porté les couleurs de Sète, Nîmes ou Vergèze. Il y eut surtout les lumières de l’équipe de France, découverte en 1926. Jusqu’à la toute première Coupe du monde de l’histoire en Uruguay. En 1930, Villaplane pénètre sur la pelouse du stade de Pocitos avec le brassard de capitaine pour une large victoire contre le Mexique (4-1). Battus ensuite par l’Argentine (1-0) et le Chili (1-0), le défenseur latéral et ses partenaires reprendront le bateau prématurément.

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De la Gestapo à officier SS, la fuite vers l’obscène

Villaplane, lui, s’arrête à 25 sélections et ne portera plus le maillot tricolore. Le retour à la vie ordinaire coïncide avec une descente aux enfers. Aux trucages de paris et petits larcins d’une vie interlope à Pigalle, succède la bascule vers le grand banditisme avec l’Occupation. Le footballeur extorque les commerçants juifs. Il finit par rejoindre la Gestapo après avoir été arrêté pour avoir tenté de vendre le fruit de ses vols aux Allemands. Dénué de morale, il devient membre de la sinistre bande Bonny-Lafont. Il poursuit sa fuite vers l’obscène en prenant la nationalité allemande et l’uniforme d’officier SS. Jusqu’à son arrestation à la Libération, puis le peloton d’exécution à 40 ans, au fort de Montrouge, le 27 décembre 1944. La fin d’un héros devenu salaud que l’équipe de France préfère oublier.

Pour en savoir plus : Le Brassard – Alexandre Villaplane, capitaine des Bleus et officier nazi, par Luc Briand (éditions Plein Jour) ; Jouer, trahir, crever, par Frédéric Massot (éditions du Rocher) ; Le maillot de la discorde, bande dessinée d’Arnaud Ramsay et Etienne Matler (éditions Steinkis).

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