Trump négocie un accord avec l'Iran, reniant ses promesses
Trump négocie un accord avec l'Iran

Le président américain Donald Trump, qui avait qualifié l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) de 2015 de « pire accord de l’histoire », est aujourd'hui sur le point de signer un nouvel accord avec l'Iran. Samedi, sur sa plateforme Truth Social, il a annoncé qu'un protocole d'accord avait été « largement négocié » entre les États-Unis et la République islamique, sous réserve de finalisation avec les pays de la région.

Un accord sans volet nucléaire pour l'instant

Contrairement au JCPOA, ce compromis ne porte pas sur le programme nucléaire iranien, ni sur son programme balistique ou son rôle régional. Selon des sources concordantes, il prévoit principalement une réouverture progressive du détroit d'Ormuz, bloqué par les Gardiens de la Révolution depuis le 2 mars dernier, en échange d'une levée du blocus américain sur les ports iraniens. Les États-Unis consentiraient également à relâcher quinze milliards d'actifs iraniens bloqués à l'étranger, permettant l'ouverture pour trente jours d'une nouvelle période de négociations renouvelable.

Le nucléaire iranien relégué au second plan

La question nucléaire, notamment le sort du stock de 441 kilogrammes d'uranium hautement enrichi à 60 % toujours en Iran, ne serait abordée que dans un second temps, dans le cadre d'un accord définitif. L'ancien haut diplomate américain Daniel Shapiro a qualifié cet accord de « faible » sur X, ajoutant que « le résultat net de cette guerre est un préjudice considérable pour les intérêts stratégiques des États-Unis ». Il a toutefois nuancé : « puisque cette guerre a été une erreur dès le départ, nous pouvons au moins nous réjouir que le président Trump semble, bien que tardivement, agir pour y mettre fin ».

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Une guerre qui n'a pas atteint ses objectifs

Le 27 février dernier, à la veille du lancement de l'opération américaine « Epic Fury » contre l'Iran, Donald Trump était déterminé à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique. Il exigeait le démantèlement total des capacités d'enrichissement d'uranium, des stocks de combustible enrichi et des centrales nucléaires. Cependant, à l'issue de la guerre des douze jours de juin 2025, la capacité iranienne de fabriquer une bombe atomique n'a été retardée que de neuf à douze mois, et l'Iran n'a pas repris ses activités d'enrichissement. Seul le stock d'uranium hautement enrichi, enfoui sous les débris du centre de recherche nucléaire d'Ispahan et de la centrale de Fordo, reste une source d'inquiétude.

Donald Trump pensait obtenir par la force ce qu'il n'avait pas réussi à arracher diplomatiquement, séduit par l'idée d'une guerre éclair vendue par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Selon le New York Times, Netanyahou avait convaincu Trump qu'une opération militaire conjointe, incluant la décapitation de l'appareil politique et militaire iranien, une offensive kurde depuis l'Irak et des manifestations populaires, pourrait renverser le régime. Si la première phase a réussi avec l'élimination du guide suprême Ali Khamenei et des commandants des Gardiens de la Révolution, les deux autres ont échoué, notamment après l'intervention du président turc Recep Tayyip Erdogan, opposé à une zone autonome kurde en Iran. La population iranienne s'est retrouvée prise entre les bombes américano-israéliennes et la répression du régime.

Le détroit d'Ormuz, une priorité stratégique

En réponse à la guerre, l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz pour la première fois de son histoire, paralysant 20 % du commerce mondial de pétrole et faisant exploser les cours du brut. Cette crise a heurté l'économie mondiale, faisant bondir le prix de l'essence et des transports, et offrant à l'Iran un levier de pression inespéré. La réouverture de ce corridor stratégique est devenue une priorité pour Trump, supplantant la menace nucléaire.

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Prise au piège, l'administration Trump a dû relancer les négociations. Danny Citrinowicz, ancien chef du bureau Iran du renseignement militaire israélien, a estimé sur X que « l'accord est profondément défaillant », mais « compte tenu des options dont disposait réellement le président Trump, c'était probablement le choix le moins mauvais ». Il a ajouté : « Un blocus naval n'aurait pas forcé l'Iran à se rendre. Revenir à la guerre aurait causé des dommages économiques massifs, sans garantie de capitulation iranienne. Au final, Trump a été contraint d'accepter les conditions de l'Iran parce que les alternatives étaient encore pires. »

Obama défend son héritage

Le mois dernier, l'ancien président démocrate Barack Obama a rappelé le succès de l'accord de 2015, soulignant que « même les renseignements israéliens pensaient que cela fonctionnait ». Interrogé sur les critiques de Trump, il a répondu avec malice : « On ne sait pas vraiment s'il ne croyait pas que ça ne marchait pas. Il a juste déclaré que ça ne marchait pas. Parce que c'est moi qui l'avais signé. »