Arrestation du chef présumé de l'ETA à Bordeaux en 2008
Arrestation du chef présumé de l'ETA à Bordeaux

Arrestation du chef présumé de l'ETA à Bordeaux en 2008

Dans la nuit du 20 mai 2008, le numéro 1 présumé de l'organisation séparatiste basque ETA, Javier Lopez Peña, était arrêté cours de la Marne à Bordeaux. Retour sur cette information avec l'article publié à l'époque.

Des sources des services antiterroristes espagnols ont annoncé l'arrestation, hier vers 23 heures, dans un appartement du cours de la Marne à Bordeaux, du chef politique présumé de l'ETA, Javier Lopez Peña, alias Thierry ou Zulos, avec trois autres membres de l'appareil politique de l'organisation indépendantiste basque. Ils n'ont pas opposé de résistance. Les trois autres personnes arrêtées lors de cette opération menée par la police française en collaboration avec la Garde civile espagnole sont Ainhoa Zaeta Mendiondo, Igor Suberbiola et Jon Salaberría. Quelques armes de poing et au moins un ordinateur ont été saisis. Les quatre membres présumés d'ETA ont été placés en garde à vue à l'hôtel de police de Bordeaux.

L'attentat de Madrid

Thierry est considéré par le ministère espagnol de l'Intérieur comme l'un des responsables de l'attentat de décembre 2006 à l'aéroport de Madrid (2 morts) par lequel ETA avait de facto rompu son cessez-le-feu permanent décrété en mars de la même année. En fuite depuis 1983, il aurait participé aux négociations avortées de 2006 entre ETA et le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero, et serait l'un des responsables de la rupture de la trêve. Il aurait succédé à la tête de l'appareil politique d'ETA à José Antonio Urrutikoetxea, alias Josu Ternera, avec lequel il dirigerait collégialement la structure militaire de l'organisation et Aitzol Iriondo, alias Gurbitz.

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Deux attentats puissants

Ainhoa Ozaeta, qui figure parmi les quatre interpellés, serait la femme qui avait lu le communiqué d'ETA annonçant officiellement la fin de sa trêve, en juin 2007. Jon Salabarria est quant à lui un ancien député régional basque de Batasuna, le bras politique interdit d'ETA. Il était entré en clandestinité alors qu'il était visé par des poursuites judiciaires pour financement de l'organisation indépendantiste basque.

Ces interpellations interviennent alors qu'ETA a perpétré en l'espace d'une semaine deux puissants attentats à la voiture piégée au Pays basque. Mercredi dernier, l'explosion contre la caserne de la Garde civile à Legutiano a coûté la vie d'un militaire et en a blessé quatre autres. Depuis la rupture officielle de sa trêve au début de l'été 2007, l'organisation clandestine a perpétré une vingtaine d'attentats, tuant au total trois personnes. Ces arrestations apparaissent comme un coup très dur porté à ETA qui perd ainsi la majeure partie de son appareil politique.

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