Face à la guerre hybride menée par la Russie contre l'Europe, une tribune publiée dans Le Monde appelle à une réponse radicale : « terroriser le Kremlin » comme Moscou cherche à terroriser les Européens. Cette stratégie, défendue par des experts, vise à rétablir un équilibre de la peur face aux attaques hybrides russes.
Une guerre hybride qui s'intensifie
Depuis plusieurs années, la Russie multiplie les actions hostiles contre les pays européens : cyberattaques, désinformation, ingérence électorale, sabotage d'infrastructures critiques, et pressions énergétiques. Selon les auteurs de la tribune, cette guerre hybride est devenue « la nouvelle normalité » et l'Europe peine à y répondre efficacement.
Les exemples récents ne manquent pas : attaques contre des câbles sous-marins, empoisonnements, tentatives d'assassinat sur le sol européen, ou encore manipulation des flux migratoires. Ces actions visent à déstabiliser les sociétés européennes et à saper la confiance dans les institutions démocratiques.
Une réponse trop timide de l'Europe
Les auteurs estiment que l'Europe a jusqu'ici réagi de manière trop défensive, avec des sanctions économiques et des condamnations diplomatiques qui n'ont pas dissuadé Moscou. Ils pointent du doigt la « peur de l'escalade » qui paralyse les décideurs européens, les empêchant de répondre de manière proportionnée et crédible.
« Nous devons accepter de terroriser le Kremlin comme lui-même cherche à nous terroriser », écrivent-ils. Cette formule choc résume leur conviction : seule une dissuasion fondée sur la capacité à infliger des coûts insoutenables à la Russie peut la faire reculer.
Les contours d'une stratégie de dissuasion
Concrètement, les auteurs proposent plusieurs pistes : renforcer les capacités de cyberdéfense offensive, cibler les avoirs financiers des oligarques proches du pouvoir, soutenir les forces d'opposition en Russie, et surtout, développer une capacité de représailles économiques et technologiques massives en cas de nouvelle attaque.
Ils appellent également à une meilleure coordination entre les États membres de l'UE et l'OTAN, ainsi qu'à une communication stratégique plus offensive pour contrer la désinformation russe. « Il ne s'agit pas de faire la guerre à la Russie, mais de lui faire comprendre que chaque action hostile aura des conséquences graves », précisent-ils.
Des critiques et des risques
Cette approche suscite des débats. Certains experts craignent une escalade incontrôlée et une détérioration des relations avec Moscou. D'autres estiment que la dissuasion par la terreur est moralement problématique et risque de légitimer les méthodes russes.
Pourtant, les auteurs de la tribune insistent : « La Russie ne comprend que le langage de la force. » Ils citent l'exemple de la Crimée et de l'Ukraine pour montrer que les concessions n'ont fait qu'encourager l'agression russe. Ils appellent donc à un changement de paradigme dans la stratégie européenne.
Un appel à l'action immédiate
La tribune se conclut par un appel aux dirigeants européens : « Il est temps d'agir, collectivement et avec détermination. » Ils rappellent que l'Europe dispose de moyens économiques, technologiques et militaires considérables, mais qu'elle doit les utiliser de manière plus audacieuse.
Selon eux, la crédibilité de l'Europe est en jeu. « Si nous ne répondons pas fermement aujourd'hui, nous serons confrontés à des défis bien plus graves demain », avertissent-ils. Une mise en garde qui résonne alors que les menaces hybrides russes se multiplient à travers le continent.



