Comme un retour à la guerre froide. Alors que 3 millions d'électeurs arméniens sont attendus aux urnes ce dimanche 7 juin pour choisir la composition de leur futur gouvernement, le bloc occidental et la Russie de Vladimir Poutine observent avec un intérêt particulier le résultat de ces élections, dont l'issue déterminera l'orientation géopolitique et géostratégique du pays.
Un scrutin sous haute tension
Nikol Pachinian, l'actuel Premier ministre et membre du parti Contrat Civil, qui opte pour une stratégie de rapprochement avec l'Union européenne, est donné favori dans les sondages. Mais pour le Kremlin, qui mise sur la candidature de l'opposant et homme d'affaires Samvel Karapetian, l'éventuelle confirmation de l'éloignement de l'Arménie de la sphère russe serait difficilement acceptable.
Les méthodes de Moscou
Moscou multiplie les sanctions économiques contre le petit État du Caucase et mène une campagne de désinformation à l'aube des élections. Selon Tigrane Yégavian, directeur de recherche pour la revue « Conflits », l'ingérence russe est prouvée et Moscou manifeste des signes de très grande fébrilité. Il décrypte les tensions géopolitiques dans la région.
Pour Tigrane Yégavian, quel que soit le résultat, le sort des élections est déterminant pour la souveraineté de l'Arménie. Le pays se trouve à un carrefour : soit il poursuit son ancrage européen, soit il retourne dans l'orbite russe. Cette décision aura des conséquences majeures pour la sécurité et le développement économique de la région.



