Sri Sri Ravi Shankar, le gourou indien fondateur de la Fondation Art de Vivre, est devenu une figure incontournable dans les coulisses de la diplomatie mondiale. À 70 ans, ce leader spirituel, souvent vêtu de blanc, a su tisser un réseau d'influence impressionnant, allant des présidents aux chefs de guerre, en passant par les diplomates de l'ONU. Son approche, mêlant méditation, respiration et dialogues informels, lui a permis de jouer les médiateurs dans des conflits où les canaux officiels échouent.
Un médiateur hors normes
Son rôle le plus médiatisé reste sa tentative de médiation en Colombie en 2015, où il a obtenu la libération de deux otages des FARC après des négociations secrètes. Plus récemment, il a été sollicité dans le conflit russo-ukrainien, rencontrant Vladimir Poutine en 2022 et proposant un plan de paix en trois points. Selon des sources diplomatiques, son accès aux plus hauts dirigeants est facilité par sa réputation d'homme apolitique et son discours axé sur l'humanité commune.
Une influence croissante dans les institutions
Son influence s'étend également aux organisations internationales. Il a pris la parole à l'ONU à plusieurs reprises, et son organisation est consultante auprès du Conseil économique et social des Nations unies. En 2016, il a lancé une initiative mondiale pour le bien-être et la paix, soutenue par plusieurs gouvernements. Ses programmes de gestion du stress sont utilisés dans des contextes humanitaires, notamment auprès de réfugiés syriens et de victimes de catastrophes naturelles.
Des critiques et des controverses
Malgré cette aura, le gourou fait face à des critiques. En 2020, une enquête du journal The Wire a mis en lumière des liens avec des personnalités politiques indiennes, notamment le parti au pouvoir, le BJP. Certains l'accusent de promouvoir une spiritualité commerciale, avec des cours payants et des formations pour entreprises. Le magazine Forbes estime ses revenus annuels à plusieurs millions de dollars, une information que sa fondation dément.
Un réseau mondial de 400 millions de pratiquants
La Fondation Art de Vivre revendique 400 millions de bénéficiaires dans 180 pays, un chiffre difficile à vérifier mais qui témoigne d'une portée immense. Ses programmes de respiration, comme le Sudarshan Kriya, sont enseignés dans les écoles, les prisons et les entreprises. En France, sa fondation est active depuis 2005, organisant des stages et des actions humanitaires.
Quel avenir pour cette influence ?
Alors que les conflits mondiaux se multiplient, la figure de Sri Sri Ravi Shankar pourrait gagner en importance. Son approche non conventionnelle séduit des dirigeants en quête de solutions alternatives. Cependant, son manque de transparence et ses positions parfois ambiguës sur les droits de l'homme suscitent des interrogations. Dans un monde en crise, il incarne une forme de soft power spirituel dont l'impact réel reste à mesurer.



