Pourquoi replanter les forêts brûlées est crucial selon un expert
Replanter les forêts brûlées : l'urgence selon un expert

Face aux incendies dévastateurs de l'été 2026, Yann Fortunato, expert forestier auprès de la fondation Ceïba, lance un appel clair : il ne faut pas supprimer les arbres, mais au contraire les replanter massivement. Avec 42 000 hectares ravagés en Gironde, 7 000 dans le Var et 11 000 l'an dernier dans les Corbières, la question de la reconstruction des forêts est plus que jamais d'actualité.

Un expert forestier de 30 ans d'expérience

Yann Fortunato, expert forestier et agroforestier, travaille depuis trois décennies dans ce domaine. Selon lui, la tentation de supprimer les arbres, perçus comme générateurs d'incendies, serait une erreur monumentale. « Ce serait la pire des choses », affirme-t-il. Il insiste sur la nécessité de faire œuvre de pédagogie pour faire comprendre que la forêt est « une richesse extraordinaire qui vient de partir en fumée ».

Le réchauffement climatique, un défi majeur

L'expert souligne que nos territoires, notamment en Occitanie, sont en première ligne du réchauffement climatique. « Quand le monde entier se réchauffe d'un degré, la France, et l'Occitanie plus que tout, se réchauffent de deux degrés », explique-t-il. La Méditerranée, en se réchauffant, assure moins bien son rôle de régulateur du climat, entraînant des épisodes de sécheresse plus fréquents et des précipitations moins régulières.

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L'arbre, une solution indispensable

Pour Yann Fortunato, l'arbre n'est pas la solution à tout, mais « sans cette solution-là, aucune autre solution n'est valable ». Il rappelle que 30 % du carbone mondial est capté par les arbres, que 85 % de la biodiversité terrestre dépend des forêts, et que l'évapotranspiration des arbres est essentielle au cycle de l'eau. Replanter est donc vital, mais pas n'importe comment.

Une forêt mixte et diversifiée

Il préconise de replanter des forêts mixtes, avec plusieurs essences, alliant résineux et feuillus, plutôt que des monocultures intensives. « Il faut que toutes les chaînes de valeur de l'économie de nos territoires le reconnaissent : il n'y aura pas d'économie forte en territoire sans un environnement solide », insiste-t-il. La fondation Ceïba, qu'il représente, promeut des projets de reforestation et d'agroforesterie pour renforcer la résilience des territoires.

Des actions concrètes à mener

Parmi les actions urgentes, il cite la gestion des forêts méditerranéennes, souvent dominées par le pin d'Alep, et la renaturation des terres agricoles abandonnées. Dans les villes, il recommande que 30 % de la surface urbaine soit végétalisée, avec des programmes d'entretien sur au moins cinq ans après plantation. La fondation Ceïba soutient notamment le projet des Arches castriotes à Castries (Hérault) et a déjà planté 10 000 arbres dans le Cantal.

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