Le président américain Donald Trump a freiné dimanche les espoirs d'un accord imminent avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré des signes de progrès. « J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit sur Truth Social, précisant que le blocus des ports iraniens resterait en vigueur « jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé ».
Des signes contradictoires
Quelques heures plus tôt, le secrétaire d'État Marco Rubio avait évoqué la possibilité « dans les prochaines heures » d'une « bonne nouvelle ». Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, mais l'économie mondiale reste affectée par le quasi-blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitait 20 % du pétrole mondial avant le conflit déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne.
Les enjeux du détroit d'Ormuz
Selon des médias américains, l'accord en discussion prévoirait la réouverture d'Ormuz, mais sous contrôle iranien. Des sources iraniennes citées par l'agence Fars affirment que le détroit serait débloqué tout en restant sous la supervision de Téhéran. Par ailleurs, l'accord inclurait le dégel de certains avoirs iraniens à l'étranger et la poursuite des négociations pendant 30 jours supplémentaires.
L'agence Tasnim rapporte que l'Iran exige la libération d'une partie de ses avoirs gelés dès la première étape, ainsi qu'un mécanisme clair pour les fonds restants. Les sanctions sur le pétrole, le gaz et les produits pétrochimiques seraient levées temporairement pour permettre à l'Iran d'exporter.
La question nucléaire en suspens
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que le nucléaire ne fait pas partie de l'accord actuel et sera abordé lors de discussions séparées. Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche être convenu avec Trump que tout accord final doit « éliminer entièrement la menace nucléaire ».
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur, a exprimé son espoir d'accueillir « très prochainement la prochaine séance de négociations » à Islamabad, après une première réunion infructueuse le 11 avril.
Tensions persistantes
Des divergences stratégiques apparaissent entre Trump et Netanyahu, le premier privilégiant la diplomatie, le second une reprise des combats. L'armée iranienne maintient un ton belliqueux : « Nous sommes en état de guerre et toutes nos forces armées sont pleinement préparées », a déclaré le général Ali Abdollahi.
Au Liban, l'armée israélienne a ordonné l'évacuation de villages du sud et de l'est avant de nouvelles frappes contre le Hezbollah, malgré la trêve. Onze personnes, dont six femmes et un enfant, ont été tuées samedi dans une frappe israélienne. Netanyahu a affirmé que Trump a réitéré le droit d'Israël à se défendre sur tous les fronts.



