Samedi 1er août, plus d'une cinquantaine d'agriculteurs et d'éleveurs de la région d'Aubigny, dans les Deux-Sèvres, ont décidé de prendre eux-mêmes la situation en main. Réunis depuis la nuit du 31 juillet au 1er août sur deux parcelles agricoles privées, quelque 2 000 participants à une free-party, âgés pour la plupart de 20 à 30 ans, avaient prévu de rester jusqu'au lundi 3 août. Certains étaient venus d'Italie et d'Espagne, comme l'a indiqué La Nouvelle République. Mais les exploitants locaux n'entendaient pas laisser faire pendant encore deux jours.
Une mobilisation agricole immédiate
Dès samedi matin, ils étaient plus d'une cinquantaine sur place pour entamer le délogement, selon l'AFP. Munis de tracteurs, de tonnes à lisier et même d'engins télescopiques équipés de fourches, ils ont entrepris de démonter les installations installées sans autorisation sur leurs terres. La colère était d'autant plus vive que la préfecture avait interdit ce rassemblement en raison d'un risque incendie élevé.
Félicien Rochard, éleveur, a exprimé son exaspération devant les caméras de TF1 : « J'ai des grillages qui ont été défoncés, je vais devoir refaire des grillages et ressemer les champs pour nourrir mes bêtes. » Son père Jérôme a annoncé un renfort massif : « Nous allons avoir une cinquantaine d'agriculteurs en plus. Avec des tonnes à lisier. Il va y avoir du monde. Nous voulons qu'ils partent le plus vite possible. »
« Soulever les tentes, les caravanes, tout enlever »
Un autre exploitant, Quentin Brottier, interrogé par TF1, a menacé d'aller jusqu'au bout : « S'ils ne veulent pas partir, on sera prêts à aller jusqu'au bout. Pour soulever les tentes, les caravanes, tout enlever. » Des propos qui n'étaient pas restés sans suite. Selon Le Courrier de l'Ouest, des agriculteurs ont effectivement utilisé des engins de manutention pour déplacer véhicules et structures légères.
Le maire d'Aubigny, Daniel Malvaux, a rapporté à ici Poitou que deux festivaliers quittant les lieux avaient été traînés en buggy par des agriculteurs. Face à la tension, les forces de l'ordre ont rapidement déployé un dispositif de sécurité comprenant gendarmes et personnels supplémentaires. Des contrôles d'alcoolémie ont été menés tout au long de la journée.
Des départs échelonnés et du matériel saisi
La pression a porté ses fruits. Les départs se sont faits progressivement, les plus lents ayant quitté les lieux entre 23 heures samedi et 1 heure du matin dimanche, toujours selon Le Courrier de l'Ouest. Quelques fêtards, sous l'emprise de drogues, sont restés sur place pour la nuit, mais la gendarmerie a saisi « une partie du matériel de sonorisation transporté illégalement ».
Au total, le rassemblement a été dispersé sans incident majeur, même si le maire a fait état de dégradations sur les équipements agricoles. La préfecture a également annoncé que des plaintes seraient déposées.
La préfecture dénonce une irresponsabilité
Dans un communiqué, la préfecture des Deux-Sèvres a de nouveau exprimé son « regret devant le manque de responsabilité des organisateurs », rappelant que l'interdiction de rassemblement avait été ordonnée en raison du risque incendie. Elle a souligné que « ce type de rassemblement illégal fait peser des risques sévères sur la sécurité publique et l'environnement ».
À l'avenir, les organisateurs d'événements de ce type seront exposés à des sanctions plus lourdes. Comme le rapportent nos confrères du Courrier de l'Ouest, ils encourent désormais deux ans de prison et 30 000 euros d'amende, conformément à la loi Ripost adoptée par le Parlement le 21 juillet. Les simples participants seront également punis, dans une moindre mesure.



