Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 1er mai 2026 s’affranchir de l’autorisation du Congrès pour l’offensive en Iran, déclenchée le 28 février. Malgré l’expiration du délai légal de 60 jours, la Maison Blanche juge les hostilités « terminées » grâce au cessez-le-feu du 7 avril. Cette décision écarte le pouvoir législatif du dossier militaire, une lecture juridique contestée par l’opposition démocrate.
Ce qu’il faut retenir
Le 1er mai 2026, Donald Trump a déclaré la fin des hostilités avec l’Iran dans une lettre au Congrès. Il affirme que le cessez-le-feu ordonné le 7 avril met un terme au conflit débuté le 28 février 2026. En annonçant la fin de la guerre, le président s’affranchit de l’obligation légale d’obtenir l’aval du Congrès. La loi de 1973 impose normalement une autorisation parlementaire pour tout engagement militaire dépassant 60 jours. L’opposition démocrate conteste cette annonce, dénonçant une manœuvre pour contourner le pouvoir législatif. Malgré l’arrêt des tirs, les tensions restent vives autour du détroit d’Ormuz et du maintien des troupes dans la région.
La guerre en Iran proche de la fin ?
Vendredi 1er mai, Donald Trump a estimé que les hostilités contre l’Iran étaient « terminées ». Une déclaration faite dans une lettre envoyée à des responsables parlementaires, affirmant ainsi se conformer à la loi qui exige que le président américain obtienne l’autorisation du Congrès pour prolonger un conflit au-delà de 60 jours. « Le 7 avril 2026, j’ai ordonné un cessez-le-feu de deux semaines. Le cessez-le-feu a depuis été prolongé. Il n’y a pas eu d’échange de tirs entre les forces des États-Unis et l’Iran depuis le 7 avril 2026. Les hostilités qui ont commencé le 28 février 2026 sont terminées », a écrit Donald Trump, le jour de la date limite pour obtenir l’autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre contre l’Iran.
Le président se passe de l’aval du Congrès
Concrètement, le président américain a annoncé qu’il se passait du feu vert du Congrès. Selon la Constitution des États-Unis, seul le Congrès a le pouvoir de « déclarer » la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les États-Unis. Le même texte exige que le président, s’il engage des troupes plus de 60 jours, obtienne une autorisation du pouvoir législatif, différente d’une déclaration de guerre. Le conflit avec l’Iran a débuté le 28 février, mais la notification officielle de la Maison Blanche au Congrès concernant le début des hostilités n’est intervenue que deux jours après. Le 1er mai représentait donc la date limite de 60 jours pour obtenir l’autorisation des parlementaires. Depuis le déclenchement du conflit, les démocrates ont tenté à plusieurs reprises de faire adopter un texte prévoyant de limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre l’Iran, en vain.
Les démocrates opposés à la position du président
« Je ne pense pas que ce qu’ils demandent est constitutionnel. Ceux qui le demandent ne sont pas des patriotes », a déclaré le président américain vendredi matin lors d’un échange avec des journalistes. « Personne ne l’a jamais réclamé auparavant, alors pourquoi devrions-nous le faire ? », a-t-il poursuivi. L’opposition démocrate a contesté la position du président concernant la fin supposée des hostilités. « La déclaration du président Trump selon laquelle la guerre en Iran est terminée ne reflète pas la réalité des dizaines de milliers de soldats américains en danger dans la région, des menaces perpétuelles de l’administration d’accroître les hostilités, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la flambée des prix aux États-Unis », a dénoncé Jeanne Shaheen, membre de la commission des affaires étrangères du Sénat. « Le président Trump a déclenché cette guerre sans stratégie et sans autorisation légale et l’annonce d’aujourd’hui n’y change rien », a-t-elle estimé dans un communiqué. Certains élus républicains ont prévenu que, passé le délai de 60 jours, ils pourraient commencer à exiger de l’exécutif qu’il obtienne une autorisation du Congrès. Mais sans l’appui de suffisamment de conservateurs, les démocrates ne disposent pas de réels recours pour que le gouvernement respecte la date limite.
Donald Trump agite la menace d’une reprise des combats
Le président américain Donald Trump a dit vendredi qu’il n’était pas satisfait de la dernière proposition de négociation présentée par l’Iran, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que Téhéran était ouvert à la diplomatie si les États-Unis changeaient d’approche. L’impasse dans laquelle se trouvent les négociations entre Téhéran et Washington devrait perdurer, quand bien même Donald Trump cherche à mettre fin au conflit, très impopulaire auprès de la population américaine. « Ils veulent conclure un accord, mais je ne suis pas satisfait », a dit Donald Trump aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant que Téhéran réclamait des choses avec lesquelles il ne pouvait être d’accord. En outre, les relations entre Washington et ses alliés historiques ont encore été mises à rude épreuve vendredi, alors que les États-Unis ont annoncé le retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne. Aucun détail de la nouvelle proposition iranienne n’est connu.



