Le Groenland, territoire convoité par les États-Unis
Le Groenland, pays constitutif du royaume du Danemark, est l'objet des convoitises de Donald Trump. Cette immense île, la plus grande du monde, située au nord de l'Europe, n'est pas seulement une étendue glacée. Elle regorge de ressources et revêt une importance stratégique pour les États-Unis, notamment via la base aérienne de Pituffik. Florian Vidal, docteur en sciences politiques et chercheur à l'université de Tromsø en Norvège, décrypte les enjeux.
À qui appartient le Groenland ?
Le Groenland est une entité autonome au sein du royaume du Danemark. Le Danemark exerce son autorité en matière de défense, de politique étrangère et de financement. Le Groenland dispose d'une autonomie économique, par exemple pour développer le secteur minier. Les questions de défense relèvent de Copenhague.
Identité groenlandaise : indépendance en vue ?
Plus de 80% de la population est favorable à l'indépendance, mais les avis divergent sur le calendrier. Certains veulent une indépendance rapide, d'autres la voient comme un objectif à long terme. Les habitants se sentent avant tout Groenlandais, plus que Danois.
Pourquoi Donald Trump insiste-t-il pour acquérir le Groenland ?
Les États-Unis s'intéressent de longue date à cette île. Dès 1867, après l'achat de l'Alaska, le Congrès américain envisageait une acquisition similaire auprès du Danemark. Donald Trump s'appuie sur cet héritage. Sa première tentative, lors de son premier mandat, n'avait pas été prise au sérieux, mais cette fois, la question est mieux préparée. L'argument principal est la sécurité nationale, face à la présence russe et chinoise dans la région. Les Danois ne fourniraient pas assez d'efforts militaires pour protéger le territoire. Sur le flanc est de l'île, aucune infrastructure militaire n'existe, alors que ce côté fait directement face à la Russie. Il s'agit d'une volonté de contrôler l'ensemble des Amériques.
Ressources minières : un intérêt économique majeur
Les minerais sont un enjeu crucial. Les États-Unis veulent contrôler ces ressources face à la Chine. Ils ont déjà obtenu une licence d'exploitation de 30 ans à Tanbreez, dans le sud, où se trouvent des terres rares stratégiques. Les Américains sont déjà présents militairement et économiquement, et leur influence sur la société groenlandaise pourrait devenir très importante, comme un moyen non coercitif.
Les États-Unis peuvent-ils prendre le contrôle ?
Dans les mois à venir, il faudra observer comment les États-Unis pourraient creuser les divisions entre Nuuk (capitale du Groenland) et Copenhague. Ils pourraient faire miroiter l'indépendance et signer un accord de coopération renforcé sans droit de regard danois, par exemple un droit prioritaire d'accès à certains gisements. Actuellement, les Danois n'ont pas intégré les partenaires européens, et l'Union européenne manque d'unité sur cette question, ce qui joue en faveur des États-Unis.
Que pensent les Groenlandais ?
Selon un sondage, seuls 6% des Groenlandais seraient favorables à une intégration aux États-Unis. La population reste très attachée à son identité et à son autonomie.



