Le Pakistan a lancé un appel urgent aux États-Unis et à l'Iran pour qu'ils reprennent les négociations sur le programme nucléaire iranien, après l'échec des discussions de Vienne. Dans un communiqué publié ce jeudi 16 juillet, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l'escalade des tensions au Moyen-Orient et a proposé ses bons offices pour faciliter un dialogue.
Un appel à la désescalade
« Le Pakistan exhorte toutes les parties à faire preuve de retenue et à revenir à la table des négociations », a déclaré le porte-parole du ministère, cité par l'agence Associated Press. Selon lui, « une solution diplomatique est la seule voie viable pour garantir la paix et la stabilité dans la région ».
L'initiative pakistanaise intervient alors que les pourparlers de Vienne, qui visaient à sauver l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, sont au point mort depuis plusieurs semaines. Les États-Unis ont accusé l'Iran de faire traîner les discussions, tandis que Téhéran exige la levée de toutes les sanctions américaines.
Le Pakistan comme médiateur
Islamabad se positionne comme un médiateur crédible, entretenant des relations avec les deux camps. Le Pakistan est un allié de longue date des États-Unis, mais il entretient également des liens étroits avec l'Iran, avec lequel il partage une frontière de près de 900 kilomètres.
« Nous avons une relation historique avec les deux pays, et nous croyons que nous pouvons jouer un rôle constructif », a affirmé un haut responsable pakistanais sous couvert d'anonymat. Le gouvernement pakistanais a déjà offert sa médiation par le passé, notamment lors de la crise des otages à l'ambassade américaine à Téhéran en 1979.
L'impact régional
L'escalade entre Washington et Téhéran a des répercussions directes sur le Pakistan. L'instabilité au Moyen-Orient menace la sécurité énergétique du pays, qui importe une partie de son pétrole d'Iran. De plus, les tensions pourraient attiser les conflits sectaires au Pakistan, où les populations chiites et sunnites coexistent parfois difficilement.
Selon un analyste politique basé à Islamabad, « le Pakistan a tout intérêt à voir une désescalade. Non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour éviter que le conflit ne dégénère en une guerre régionale qui pourrait déstabiliser toute l'Asie du Sud ».
Réactions internationales
Les États-Unis ont accueilli favorablement la proposition pakistanaise, sans pour autant s'engager. Un porte-parole du Département d'État a déclaré que Washington « apprécie les efforts de médiation du Pakistan », mais a rappelé que « la balle est dans le camp de l'Iran ».
De son côté, l'Iran n'a pas encore répondu officiellement à l'appel pakistanais. Téhéran a toutefois réaffirmé sa position : « Nous ne négocierons pas sous la pression », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse officielle IRNA.
La communauté internationale suit de près la situation. L'ONU et l'Union européenne ont également appelé à la reprise des négociations, soulignant l'urgence d'éviter une escalade militaire aux conséquences imprévisibles.



