Les Israéliens sont appelés aux urnes le 3 novembre 2026 pour des élections législatives anticipées, les cinquièmes en moins de quatre ans. La Knesset, le Parlement israélien, a été dissoute le 30 juin après l'incapacité des partis politiques à former une coalition gouvernementale stable. Cette nouvelle dissolution intervient après seulement sept mois d'existence du gouvernement dirigé par Naftali Bennett et Yaïr Lapid.
Un contexte politique instable
Depuis 2019, Israël traverse une crise politique sans précédent. Les quatre élections précédentes (avril 2019, septembre 2019, mars 2020 et mars 2021) n'ont pas permis de dégager une majorité claire. Le système politique israélien, fondé sur la représentation proportionnelle, favorise l'éclatement des partis et rend la formation de coalitions complexe. Selon le politologue israélien Gideon Rahat, « la fragmentation politique est telle qu'aucun bloc ne parvient à obtenir les 61 sièges nécessaires pour gouverner seul ».
Les principaux acteurs
Benyamin Nétanyahou, chef du Likoud, brigue un nouveau mandat de premier ministre. Il est actuellement jugé pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes. Son parti est donné favori dans les sondages, mais sans majorité absolue. De l'autre côté, Yaïr Lapid, chef de Yesh Atid, mène une coalition hétéroclite allant de la gauche au parti arabe Raam. Naftali Bennett, figure de la droite nationaliste, a annoncé qu'il ne se représenterait pas.
Les enjeux du scrutin
Les élections se déroulent dans un contexte sécuritaire tendu. Les affrontements avec le Hamas à Gaza en mai 2021 et les tensions en Cisjordanie occupée sont au cœur des préoccupations des électeurs. Le dossier nucléaire iranien et les relations avec les États-Unis sont également des thèmes majeurs. Sur le plan intérieur, la crise du logement et le coût de la vie préoccupent une partie de l'électorat. Le taux de participation aux dernières élections était de 67,4 %, un niveau relativement élevé.
Modalités de vote
Le scrutin se déroule au suffrage universel direct, à la proportionnelle intégrale. Les 120 sièges de la Knesset sont répartis entre les listes ayant obtenu au moins 3,25 % des suffrages exprimés. Les Israéliens votent pour une liste et non pour un candidat. Le seuil électoral a été relevé de 2 % à 3,25 % en 2014, ce qui a réduit le nombre de petits partis. Le vote a lieu de 7 heures à 22 heures, avec des horaires adaptés dans certaines localités.
Perspectives
La formation d'un gouvernement après le scrutin s'annonce difficile. Aucun parti n'ayant de majorité, des négociations de coalition devront aboutir dans les 42 jours suivant la publication des résultats. En cas d'échec, le président de l'État peut confier la tâche à un autre député ou convoquer de nouvelles élections. Selon un sondage publié par la chaîne Kan, le Likoud obtiendrait 30 sièges, Yesh Atid 20, et les partis arabes 10 sièges. La droite et l'extrême droite totaliseraient 55 sièges, la gauche et le centre 50, et les partis arabes 10, laissant 5 sièges indécis.



