Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche 11 janvier que l'Iran souhaitait "négocier", précisant qu'une rencontre entre Washington et Téhéran était en cours de préparation. Cette ouverture diplomatique intervient alors que la République islamique fait face à une vague de contestation inédite ayant déjà causé la mort d'au moins 192 manifestants selon l'ONG Iran Human Rights (IHR).
Menaces et négociations
Donald Trump a affirmé dimanche que l'Iran "veut négocier" et qu'une réunion est en préparation avec les dirigeants de la République islamique aux prises avec une vaste contestation, sans écarter des options militaires. À bord de son avion Air Force One, le président américain a estimé que Téhéran commençait à dépasser la ligne rouge qu'il avait fixée concernant les morts de protestataires lors de ce mouvement d'une ampleur inédite depuis trois ans, précisant que l'armée étudiait des "options très fortes".
Peu après son nouveau coup de pression, Donald Trump a ajouté que Téhéran avait appelé samedi pour "négocier", et qu'une rencontre était "en cours de préparation". Il a cependant laissé planer la menace d'une action avant toute entrevue. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant affirmé que l'Iran riposterait à toute frappe américaine en ciblant des sites militaires et le transport maritime des États-Unis.
La position iranienne
"La République islamique d'Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre", a déclaré le chef de la diplomatie lors d'une conférence des ambassadeurs étrangers à Téhéran diffusée par la télévision d'État. "Nous sommes également prêts à des négociations, mais ces négociations doivent être équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel", a-t-il ajouté.
Une contestation sans précédent
Déclenchée à Téhéran le 28 décembre par des commerçants furieux contre la cherté de la vie, la contestation s'est largement étendue et représente pour la République islamique l'un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979. Les autorités ont imposé une coupure d'internet, en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. L'IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés.
L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus lourd, dénonçant un "massacre" et un "crime majeur contre le peuple iranien".
Réactions et répression
En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués. Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent de plus en plus des "émeutiers" instrumentalisés selon elles par l'étranger, les États-Unis et Israël en tête.
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". La télévision d'État a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d'agents des forces de l'ordre.
Solidarité internationale
Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu'à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien. Le fils de l'ancien chah et figure de l'opposition iranienne en exil aux États-Unis, Reza Pahlavi, a exhorté sur les réseaux sociaux les forces armées et de sécurité à "se tenir aux côtés du peuple".
La mobilisation en Iran survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l'ONU.



