Iran-Oman : compromis sur le tracé d'une voie de navigation à Ormuz
Iran-Oman : compromis sur le tracé d'une voie à Ormuz

L'Iran et Oman sont parvenus à un compromis sur le tracé d'une voie de navigation dans le détroit d'Ormuz, et une annonce conjointe est en voie de finalisation, à condition qu'aucune tierce partie n'intervienne, a déclaré le mercredi 5 août le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Ce compromis, négocié de manière « professionnelle », intervient alors que le détroit d'Ormuz est essentiel au commerce mondial des hydrocarbures, mais a été presque totalement bloqué par l'Iran après les premiers bombardements américains et israéliens fin février.

Un accord qui donnerait le contrôle à Téhéran

Selon des sources proches des négociations, le projet d'accord donnerait à Téhéran le contrôle des entrées de navires dans le Golfe via ce détroit, ce qui constituerait une concession majeure à la République islamique. Une source iranienne haut placée et deux responsables régionaux ont confirmé ces informations à Reuters, bien que des détails importants restent à régler, contredisant les affirmations du président américain Donald Trump sur un accord imminent.

Des négociations « professionnelles » et « en progrès »

Esmaeil Baghaei a qualifié les négociations entre l'Iran et Oman de « professionnelles » et « en progrès ». « Les deux parties sont parvenues à un compromis sur les paramètres géographiques de la route en discussion », a-t-il déclaré. Il a ajouté que, si des tierces parties ne perturbaient pas le processus, le communiqué conjoint entre les deux pays qui bordent le détroit était dans ses dernières phases d'élaboration et de rédaction.

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Un enjeu crucial pour la sécurité de navigation

Le porte-parole a toutefois souligné qu'un tel accord ne suffirait pas en lui-même à garantir la sécurité de navigation dans cette voie maritime stratégique. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, est un point de passage vital pour les hydrocarbures, et sa fermeture de fait par l'Iran a des répercussions majeures sur les marchés énergétiques mondiaux.

Des divergences persistantes avec les États-Unis

Les sources interrogées par Reuters ont tenu à nuancer les propos de Donald Trump, qui avait évoqué une réouverture imminente du détroit. Elles ont insisté sur le fait que des détails importants restaient à régler, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de l'accord et les garanties de sécurité. Le président américain avait également menacé l'Iran de frappes « très fortes » si le détroit ne rouvrait pas rapidement, tandis que la France, par la voix d'Emmanuel Macron, s'était dite prête à participer au déminage de la zone, suscitant des critiques de Téhéran.

Un équilibre fragile au Moyen-Orient

Ce compromis entre l'Iran et Oman, s'il aboutit, pourrait marquer une étape importante dans la réduction des tensions régionales. Cependant, la condition posée par Téhéran — l'absence d'interférence de tierces parties — laisse planer un doute sur la durabilité de l'accord, alors que les États-Unis et Israël maintiennent une pression militaire sur l'Iran. La communauté internationale suivra de près les prochaines étapes de ce processus diplomatique délicat.

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