Gaza : Netanyahou rejette le plan américain, le Hamas l'approuve
Gaza : Netanyahou rejette le plan américain, le Hamas l'approuve

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré mercredi que son gouvernement n'avait pas accepté le projet de feuille de route pour la bande de Gaza transmis par l'équipe de Donald Trump, malgré les assurances selon lesquelles un retrait israélien n'interviendrait qu'après le désarmement complet du Hamas. Cette déclaration intervient alors que le Hamas affirme avoir approuvé ce plan, créant un désaccord persistant entre les parties.

Netanyahou clarifie sa position

« L'équipe de Donald Trump nous a envoyé un projet, que nous n'avons pas accepté : ce n'est pas notre projet. Nous leur avons transmis nos commentaires », a affirmé Benyamin Netanyahou. Quelques heures plus tard, lors d'une cérémonie, il a toutefois salué le président américain, estimant qu'il était « notre plus grand ami, l'un des plus grands amis qu'Israël ait eus à la Maison-Blanche », tout en rappelant que « l'existence d'Israël n'est pas sujette à négociation ».

Cette prise de position contraste avec les déclarations du Hamas, qui maintient avoir approuvé la feuille de route. Celle-ci correspond à la deuxième étape du plan de paix annoncé par Donald Trump et prévoit un désarmement du mouvement islamiste en parallèle d'un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza. Après des inquiétudes exprimées par Israël, notamment au sein de l'extrême droite, le « Conseil de Paix » mis en place par Donald Trump a assuré à Benyamin Netanyahou que l'armée israélienne ne quitterait pas le territoire avant le désarmement « complet » du Hamas.

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L'armée israélienne reste proactive

Sur le terrain, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a indiqué mercredi que l'armée continuerait « d'agir de façon proactive » dans la bande de Gaza, dont elle contrôle plus de 60 %. En visite auprès de ses troupes, il a ajouté : « Nous ne permettrons pas qu'une menace se forme à nos frontières, comme celle que nous avons connue le 7 octobre. »

Cette position militaire ferme reflète la détermination d'Israël à garantir sa sécurité, même si des discussions sont en cours sur l'avenir du territoire. Le contrôle de plus de 60 % de la bande de Gaza par Tsahal témoigne de l'ampleur de l'opération en cours et des enjeux sécuritaires pour l'État hébreu.

Le contexte politique israélien

Le contexte politique pèse aussi sur ces discussions. Israël doit organiser des élections législatives en octobre, un scrutin présenté comme un test pour Benyamin Netanyahou, candidat à un nouveau mandat. Selon les derniers sondages mentionnés, une majorité d'Israéliens souhaitent son départ, sur fond de critiques liées aux défaillances sécuritaires. Le cabinet de sécurité, qui devait se réunir mardi, a finalement reporté sa réunion à jeudi, selon les médias israéliens, en raison de la campagne pour les primaires du Likoud.

Cette dimension électorale complique encore la donne. Netanyahou doit naviguer entre les pressions de son électorat, notamment l'extrême droite qui s'oppose à tout retrait sans garanties, et les exigences des médiateurs américains. Le report de la réunion du cabinet de sécurité montre à quel point la politique intérieure interfère avec les décisions stratégiques.

Le Hamas et les factions palestiniennes

Le Hamas affirme enfin avoir obtenu l'accord des autres factions palestiniennes sur cette feuille de route. Son porte-parole, Hazem Qassem, a déclaré mercredi être « parvenu à un accord avec les factions palestiniennes sur la feuille de route pour la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu ». Il a aussi appelé l'administration américaine et le représentant du « Conseil de Paix », Nicolaï Mladenov, « à exercer une pression réelle afin de contraindre le gouvernement de l'occupation […] à respecter l'accord ».

Cette unité palestinienne, si elle se confirme, pourrait renforcer la position du Hamas dans les négociations. Cependant, le refus israélien d'accepter le projet tel quel et les exigences de désarmement complet restent des obstacles majeurs. La communauté internationale observe avec attention ces développements, alors que la situation humanitaire à Gaza demeure préoccupante.

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