L'Iran a annoncé mercredi 5 août avoir conclu un accord avec Oman sur un nouveau tracé dans le détroit d'Ormuz, une voie stratégique par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial. Cet accord, révélé par le ministère iranien des Affaires étrangères, vise à délimiter plus précisément les frontières maritimes entre les deux pays et à garantir la sécurité de la navigation dans cette zone sensible.
Un accord pour apaiser les tensions
Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, cet accord permettra de « renforcer la coopération bilatérale et de garantir la sécurité du trafic maritime » dans le détroit. Les discussions, menées pendant plusieurs mois, ont abouti à un consensus sur un tracé qui respecte les eaux territoriales des deux nations tout en évitant les zones de friction.
Le détroit d'Ormuz, large d'environ 33 kilomètres à son point le plus étroit, est un passage obligé pour les pétroliers en provenance du golfe Persique. Toute perturbation de ce secteur a des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux. L'accord intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre Téhéran et les puissances occidentales, notamment autour du programme nucléaire iranien.
Les détails du nouveau tracé
Bien que les cartes détaillées n'aient pas été publiées, les autorités iraniennes indiquent que le nouveau tracé délimite clairement les zones de navigation et de pêche, réduisant les risques d'incidents entre les garde-côtes et les navires commerciaux. Ce tracé s'appuie sur les principes du droit international de la mer, en particulier la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), que l'Iran n'a toutefois pas ratifiée.
Oman, qui entretient de bonnes relations avec l'Iran, a confirmé l'accord dans un communiqué officiel, soulignant son engagement à « maintenir la stabilité dans la région ». Les deux pays ont également convenu de mettre en place un mécanisme de consultation pour résoudre d'éventuels différends à l'avenir.
Un impact géopolitique majeur
Cet accord pourrait avoir des répercussions significatives sur la sécurité énergétique mondiale. En clarifiant les limites maritimes, il réduit le risque de confrontations accidentelles entre les forces navales des deux pays, qui patrouillent régulièrement dans la zone. Les compagnies maritimes internationales devraient voir d'un bon œil cette initiative, qui sécurise leurs routes commerciales.
Les analystes estiment que cet accord renforce la position de l'Iran dans la région, tout en offrant à Oman un rôle de médiateur crédible. Il pourrait également ouvrir la voie à d'autres négociations sur des questions maritimes dans le golfe Persique, comme le différend frontalier entre l'Iran et les Émirats arabes unis au sujet des îles d'Abou Moussa et de la Grande et Petite Tomb.
Réactions internationales
Les États-Unis, qui ont une base navale à Bahreïn, n'ont pas encore réagi officiellement. Toutefois, des sources diplomatiques américaines ont indiqué que Washington suivrait de près la mise en œuvre de cet accord. La Russie, alliée de l'Iran, a salué cette initiative, y voyant un « pas positif pour la stabilité régionale ».
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a également exprimé son soutien, appelant à « davantage de dialogue et de coopération pour prévenir les conflits » dans le détroit d'Ormuz. Selon des données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), environ 21 millions de barils de pétrole brut transitent quotidiennement par ce passage, soit l'équivalent de 20 % de la consommation mondiale.
Prochaines étapes
Les deux pays prévoient de finaliser les documents techniques d'ici la fin de l'année et de signer un mémorandum d'entente lors d'une prochaine réunion bilatérale. Des experts en droit maritime des deux parties se réuniront dans les prochaines semaines pour définir les coordonnées GPS exactes du nouveau tracé.
Cet accord s'inscrit dans une série d'initiatives diplomatiques de l'Iran visant à briser son isolement international. En juin dernier, Téhéran avait déjà signé un accord de coopération militaire avec Moscou. L'accord avec Oman pourrait ainsi être perçu comme un moyen pour l'Iran de consolider ses alliances régionales tout en apaisant les craintes internationales sur la sécurité maritime.



