Le déraillement du funiculaire de la Gloria, mercredi soir à Lisbonne, a fait 17 morts et 21 blessés. Alors que l’enquête se poursuit, deux touristes belges et un habitant de la métropole racontent comment ils ont échappé ou assisté au drame.
Le déraillement : un bilan lourd
Mercredi, peu après 18 heures, l’un des deux wagons du célèbre funiculaire de la Glória a déraillé dans une rue pentue de la capitale portugaise, avant de s’encastrer dans un immeuble. Le bilan fait état de 17 morts et 21 blessés, dont plusieurs étrangers, selon les secours. Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les causes restent à établir. L’opérateur Carris affirme que les protocoles de maintenance avaient été respectés, tandis qu’un syndicat de transports évoque des problèmes récurrents de freinage signalés par des employés.
"On avait nos tickets en main" : témoignage de deux Belges
Ils devaient prendre le funiculaire ce soir-là. Peter Soenen, 50 ans, et un ami, tous deux originaires d’Ypres, avaient acheté leurs billets l’après-midi pour profiter de la vue depuis le mirador de São Pedro de Alcântara, rapporte RTL. Mais à leur arrivée à l’arrêt, ils n’ont trouvé qu’une carcasse disloquée. "Quand on est arrivés, la poussière était encore en train de retomber", raconte Peter à nos confrères. "On n’a rien entendu à cause du bruit de la ville, mais il y a eu un grand silence, puis les gens ont commencé à crier". Leur projet de balade s’est transformé en stupeur face à un drame évité de peu, d’après nos confrères : "On avait nos tickets en main, mais on n’est jamais montés".
"Nous allons tous mourir" : la peur d’un rescapé portugais
Au même moment, dans une cabine intacte, Abel Esteves, 75 ans, voyageait avec sa femme et leur petit-fils. Ils ont vu l’autre wagon descendre à toute allure. "Quand j’ai vu l’autre voiture, j’ai dit à ma femme : Nous allons tous mourir ici", témoigne-t-il auprès de Reuters. "Il a pris une vitesse énorme, a fait un virage et a percuté l’immeuble dans une explosion assourdissante". Son wagon a brusquement reculé de quelques mètres, semant la panique à bord, mais sans être endommagé. Des vidéos amateurs montrent des passagers sauter par les fenêtres pour s’extraire.
Lisbonne sous le choc
"C’est une tragédie qui ne s’était jamais produite dans notre ville", a réagi le maire Carlos Moedas. Sur place, les enquêteurs inspectent encore le système de freinage de la seconde cabine et l’immeuble percuté par le wagon déraillé. Pour de nombreux Lisboètes et touristes, ce funiculaire était un symbole de la capitale. Il est aujourd’hui associé à l’un des drames les plus marquants de l’histoire récente du Portugal.



