Une cérémonie chamanique a été interrompue par une cinquantaine de gendarmes samedi 11 juillet 2026 à Toudon, dans le moyen-pays niçois. Trois organisateurs présumés ont été mis en examen pour trafic de stupéfiants, abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique, exercice illégal de la médecine et blanchiment. L'opération, révélée mercredi 15 juillet par le procureur de Nice Damien Martinelli, a permis la saisie de centaines de cactus peyotl, de champignons hallucinogènes, de sauge divinatoire et de près de 120 000 euros en espèces.
Une enquête ouverte après des soupçons de dérives sectaires
L'enquête a débuté en octobre 2025, lorsque des renseignements sont parvenus à la gendarmerie concernant des activités suspectes dans le village de Toudon. Le pôle spécialisé du parquet de Nice a ouvert une enquête préliminaire, confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de Puget-Théniers. Les investigations, appuyées par des écoutes téléphoniques, ont confirmé l'existence d'un trafic organisé de plantes stupéfiantes. Les enquêteurs ont identifié trois organisateurs présumés : un couple (une femme née en 1958 et son conjoint né en 1962) ainsi qu'une autre femme née en 1984. La femme de 68 ans est soupçonnée d'avoir joué un rôle central dans l'organisation des cérémonies et dans les relations d'emprise avec les participants.
Descente en pleine cérémonie : 50 personnels mobilisés
Samedi 11 juillet 2026, sous la supervision d'un magistrat du parquet de Nice et la direction opérationnelle du commandant de la compagnie de Puget-Théniers, une vaste opération a été lancée. Cinquante personnes ont été mobilisées : gendarmes des compagnies de Puget-Théniers, Nice et Menton, groupe cynophile de Gilette, cyberenquêteurs, ainsi que des partenaires institutionnels spécialisés dans les domaines fiscal, environnemental et de l'urbanisme. Un médecin, une infirmière et un laboratoire d'analyses étaient également présents pour assurer la prise en charge des participants. Les enquêteurs sont intervenus alors qu'une cérémonie était en cours. Quatorze personnes consommaient ou s'apprêtaient à consommer différentes substances psychotropes, notamment des champignons hallucinogènes et des préparations à base de plantes interdites en France. Après une prise en charge médicale, elles ont été autorisées à regagner leur domicile.
Des saisies importantes : cactus, champignons et argent liquide
Les perquisitions ont permis la découverte de nombreux produits psychotropes dont la détention, la cession et l'usage sont interdits en France. Les enquêteurs ont saisi plusieurs centaines de cactus peyotl, des champignons hallucinogènes de type Niños Santos et des amanites tue-mouches, de la sauge divinatoire ainsi que diverses préparations utilisées lors des cérémonies. Les investigations financières ont mis en évidence un système de paiements liés à la participation aux cérémonies, suivis de retraits en espèces atteignant près de 120 000 euros en trois ans, selon le parquet. L'enquête patrimoniale a conduit à la saisie d'un Range Rover Evoque, de près de 80 000 euros sur différents comptes bancaires, de 5 000 euros en espèces, ainsi que de nombreux bijoux et articles de maroquinerie de luxe.
Les organisateurs placés sous contrôle judiciaire
Interpellés lors de l'opération, les trois organisateurs présumés ont été placés en garde à vue. S'ils reconnaissent l'organisation des réunions ainsi que l'existence de paiements, ils contestent en revanche les infractions qui leur sont reprochées. Inconnus jusqu'alors des services de police et de la justice, ils ont été mis en examen des chefs de trafic de stupéfiants, abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique ou physique, placement ou maintien d'une personne en état de sujétion, exercice illégal de la médecine, administration de substances nuisibles et blanchiment. À l'issue de leur présentation devant le juge d'instruction, les trois mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire.



