Ce 9 septembre 2025, Israël a revendiqué des frappes aériennes à Doha visant la direction du Hamas, confirmant avoir mené seul l'opération. Plusieurs explosions ont secoué la capitale qatarie, où des responsables du mouvement palestinien participaient à des discussions sur un cessez-le-feu. Le Qatar, la Jordanie et les Émirats arabes unis ont condamné l'attaque, tandis que Washington a appelé ses ressortissants sur place à rester à l'abri.
Contexte des frappes
Israël a annoncé avoir ciblé mardi des responsables du Hamas dans des frappes aériennes à Doha, dernière attaque en date contre des chefs du mouvement islamiste palestinien. On ignorait dans l'immédiat si les responsables visés à Doha avaient péri ou survécu. Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Israël a tué plusieurs chefs et hauts responsables du mouvement dans le territoire palestinien, en Iran et au Liban.
Réactions et conséquences
Le jour des frappes à Doha, la branche armée du Hamas, les Brigades Al-Qassam, ont revendiqué l'attaque à l'arme à feu perpétrée lundi à Jérusalem-Est, qui a coûté la vie à six Israéliens. Plusieurs explosions ont été entendues dans la capitale qatarie et de la fumée s'est élevée d'un quartier, selon des journalistes de l'AFP sur place. La police a bloqué le secteur.
"L'armée et le service de sécurité intérieure (Shin Bet) ont mené une frappe ciblée contre la haute direction de l'organisation terroriste Hamas", a déclaré l'armée israélienne dans un communiqué. "Depuis des années, ces membres de la direction du Hamas dirigent les opérations de l'organisation terroriste, sont directement responsables du massacre brutal du 7 octobre et ont orchestré et géré la guerre contre l'Etat d'Israël", a-t-elle ajouté sans évoquer Doha. Mais plus tard, un responsable de l'armée israélienne a confirmé à l'AFP que ces frappes avaient été menées à Doha.
"L'action aujourd'hui contre les principaux chefs terroristes du Hamas a été menée entièrement par Israël : Israël l'a initiée, Israël l'a menée, et Israël en assume l'entière responsabilité", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Aucune immunité", a-t-il ajouté.
Selon un responsable du Hamas qui a requis l'anonymat, "dans un nouveau crime sioniste, la délégation des négociateurs du Hamas a été ciblée lors d'une réunion à Doha, où elle discutait de la proposition du président (Donald) Trump pour un cessez-le-feu à Gaza". Des responsables du Hamas qui ont participé aux négociations indirectes avec Israël sur un cessez-le-feu à Gaza ces derniers mois résident à Doha.
"L'État du Qatar condamne fermement l'attaque lâche par Israël qui a visé des immeubles résidentiels abritant des membres du bureau politique du Hamas", a écrit le porte-parole des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, sur X. "Les terroristes n'ont et n'auront aucune immunité face au long bras d'Israël, où que ce soit dans le monde", a écrit le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite). "Je salue la sage décision et son exécution parfaite par l'armée et le Shin Bet".
L'ambassade des États-Unis au Qatar a appelé ses ressortissants dans le pays à "rester à l'abri". "Nous avons vu des informations faisant état de frappes de missiles à Doha. L'ambassade a ordonné à son personnel de rester dans ses locaux. Il est conseillé aux citoyens américains de rester à l'abri." La Jordanie et les Émirats arabes unis, qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, ont condamné les frappes à Doha. Le Jihad islamique, un allié du Hamas à Gaza, a affirmé que "cibler une réunion des dirigeants du Hamas à Doha constitue un acte criminel flagrant".



